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Nucléaire: le chef de l'AIEA salue les efforts de l'Iran

02/06/2014 06:10 EDT | Actualisé 02/08/2014 05:12 EDT

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a salué lundi à Vienne les efforts de l'Iran pour faire la transparence sur son programme nucléaire, tout en rappelant que tous les doutes n'étaient pas levés.

"L'Iran a entamé un dialogue substantiel avec l'Agence", s'est félicité le Japonais Yukiya Amano dans un discours aux Etats membres de l'agence spécialisée de l'ONU, réunis pour son "conseil des gouverneurs" trimestriel.

L'Iran négocie depuis le début de l'année avec les grandes puissances du "5+1" (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) un accord susceptible de rassurer durablement sur le caractère exclusivement pacifique de son programme atomique, en échange d'une levée des sanctions internationales.

La négociation reprendra le 16 juin à Vienne, avec l'objectif de conclure un accord final d'ici au 20 juillet.

La République islamique discute parallèlement avec l'AIEA sur ce que les diplomates nomment "la possible dimension militaire" (PMD) du programme iranien. L'Agence cherche en particulier à obtenir des réponses sur des preuves "crédibles", selon elle, que l'Iran a mené des recherches visant à fabriquer la bombe atomique avant 2003, et peut-être aussi après cette date.

L'Iran dément farouchement tout effort en ce sens, mais le 23 mai, l'AIEA a rapporté que Téhéran avait, pour la première fois depuis 2008, apporté des informations sur la PMD, en particulier sur des essais de détonateurs.

Ces efforts et d'autres mesures acceptées par l'Iran "sont un nouveau pas en avant bienvenu", a souligné lundi M. Amano.

L'Agence, a-t-il toutefois réitéré, "n'est pas en mesure de garantir de manière crédible l'absence de matériaux et d'activités nucléaires en Iran, ni, par conséquent, de conclure que l'ensemble des matériaux nucléaires en Iran sont liés à une activité pacifique".

Yukiya Amano a, en particulier, réclamé à nouveau que l'AIEA puisse accéder au site militaire de Parchin, à une trentaine de kilomètres de Téhéran, qui n'a jusqu'à présent pu être observé que par satellite.

Le directeur de l'AIEA a également exhorté à la patience, expliquant qu'analyser les dernières données reçues prendrait du temps.

"Il est très prématuré d'attendre une évaluation", et celle-ci "dépendra beaucoup du rythme auquel l'Iran va coopérer", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse.

Interrogé sur l'influence de cette évaluation sur l'issue des négociations entre Téhéran et le "5+1", M. Amano a insisté: "Les deux processus sont distincts (...) Je ne pense pas que le rythme de notre processus aura un impact sur le processus +5+1+".

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