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Le président Kiir appelle à la "réconciliation" au Soudan du Sud

02/06/2014 08:11 EDT | Actualisé 02/08/2014 05:12 EDT

Le président sud-soudanais Salva Kiir a appelé lundi les rebelles menés par son ancien vice-président Riek Machar, qui affrontent l'armée sud-soudanaise depuis mi-décembre, à la réconciliation à quelques jours de la reprise prévue des pourparlers de paix à Addis Abeba.

"J'appelle humblement tous mes concitoyens, dont nos frères et soeurs désormais dans +l'opposition+, à se pardonner les uns les autres, à s'unir dans un esprit de véritable réconciliation et à se donner la main pour travailler dans l'unité", a déclaré le président Kiir dans un discours à la réouverture du Parlement, dont les activités étaient suspendues depuis décembre en raison du conflit.

Des pourparlers destinés à trouver une solution politique au conflit qui ensanglante depuis le 15 décembre la plus jeune nation du monde doivent reprendre le 4 juin à Addis Abeba. Placés sous l'égide de l'Autorité intergouvernementale pour le Développement (Igad), organisation est-africaine, ils n'ont jusqu'ici péniblement débouché que sur deux cessez-le-feu jamais respectés.

"Notre équipe de négociation va se rendre bientôt à Addis Abeba pour négocier de bonne foi et ramener la paix", a assuré M. Kiir aux parlementaires et hauts responsables du gouvernement et de la justice, réunis au Parlement.

"Je suis toujours engagé pour la paix et l'unité (...) je suis pour la paix, pas pour la guerre, je suis aussi pour le développement de ce pays, pas pour sa destruction", a ajouté le chef de l'Etat, accusant son ennemi Riek Machar d'être à l'origine des violations du cessez-le-feu.

Salva Kiir et Riek Machar, dont la concurrence à la tête du régime, a creusé les rivalités ethniques au sein de l'armée et déclenché le conflit, proclament tous les deux leur détermination à faire la paix, mais les combats continuent sur le terrain.

Les affrontements et les massacres et atrocités contre les civils sur des bases ethniques qui les accompagnent, ont fait plusieurs milliers, voire des dizaines de milliers de morts et chassé plus d'1,3 million de Sud-Soudanais de chez eux.

MM. Kiir et Machar doivent se rencontrer à nouveau d'ici le 9 juin, comme le prévoit un "Accord pour mettre fin à la crise au Soudan du Sud" qu'ils ont signé le 9 mai à Addis Abeba, à l'occasion de leur première rencontre depuis le début du conflit.

Selon la communauté internationale, un génocide et une famine menacent désormais le jeune pays qui a proclamé son indépendance en juillet 2011, à l'issue d'une des plus longues guerres d'Afrique qui a vu s'affronter entre 1983 et 2005 les forces de Khartoum à une rébellion sudiste désormais au pouvoir.

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