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Inde: la police use de canons à eau contre des manifestants protestant contre les viols

02/06/2014 05:44 EDT | Actualisé 02/08/2014 05:12 EDT

La police a recouru lundi aux canons à eau dans le nord de l'Inde contre des manifestants dénonçant les violences faites aux femmes après le récent viol en réunion et le meurtre de deux adolescentes.

Plusieurs centaines de manifestants, essentiellement des femmes, s'étaient rassemblées pour exiger la fin des violences contre les femmes devant le siège du gouvernement de l'Uttar Pradesh, à Lucknow, Etat du nord de l'Inde où les deux filles de 12 et 14 ans ont été violées et tuées.

La police les a aspergés au canon à eau pour tenter de les disperser, selon les images de la télévision.

"Justice doit être rendue aux familles de ces deux adolescentes et aux femmes et filles des communautés de basse caste prises pour cible et violées dans l'Inde rurale", a réagi Lisa Grande, le coordinateur de l'Onu en Inde.

Le calvaire des deux jeunes filles a fait les gros titres de la presse indienne et internationale, un an et demi après le viol en réunion d'une étudiante de la classe moyenne à Delhi, qui avait succombé à ses blessures.

Les violences sexuelles n'ont pas été endiguées en dépit d'un durcissement de la loi après le crime de New Delhi qui avait suscité une vague d'indignation.

Comme dans la capitale lors des premières manifestations fin 2012, la police a sorti les canons à eau contre les manifestants de Lucknow.

"Nous n'irons pas dormir, nous allons rester, nous devons arrêter cela", a déclaré à la chaîne NDTV un manifestant, en référence aux violences infligées aux femmes.

Les deux cousines ont été retrouvées mercredi pendues à un manguier dans un village pauvre de l'Uttar Pradesh, dans le district de Badaun, et les analyses médicales ont prouvé qu'elles avaient subi de multiples violences sexuelles.

La colère s'est amplifiée après que les pères des deux filles eurent déclaré que la police locale avait refusé d'aider à trouver les coupables en raison de l'appartenance des victimes à une basse caste.

Les deux adolescentes ont été agressées alors qu'elles se rendaient dans un champs pour aller aux toilettes, dans l'obscurité, car leur logement ne possède pas de latrines. La police a indiqué qu'elles avaient été violées, puis pendues par leurs agresseurs.

Pour les défenseurs des droits des femmes, ce dernier épisode de violence prouve que les autorités de l'Etat de l'Uttar Pradesh n'agissent pas sérieusement contre les crimes sexuels. Cinq hommes ont été arrêtés dans cette affaire et une enquête de la police fédérale a été ordonnée.

Interrogé par une journaliste la semaine passée sur le nombre de viols dans l'Uttar Pradesh, le chef de l'exécutif de l'Etat Akhilesh Yadav a répondu: "vous n'avez pas été violée n'est-ce pas? C'est exact? Très bien. Merci".

Le chef du parti au pouvoir dans cet Etat, Mulayam Singh Yadav, qui est le père du chef de l'exécutif, avait déclenché une polémique pendant la campagne pour les législatives en se déclarant hostile à la condamnation à mort pour viol car "les hommes sont les hommes".

Les deux hommes ont été critiqués pour ne pas avoir rendu aux familles des victimes dans le village de Katra Shahadatganj où les deux agressions ont eu lieu.

tha-ef/ros

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