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Deux présumés "terroristes" abattus dans le nord-est du Kenya (police)

02/06/2014 08:52 EDT | Actualisé 02/08/2014 05:12 EDT

Deux hommes, présentés par la police comme de présumés "terroristes", ont été abattus dans la nuit de dimanche à lundi dans le nord-est du Kenya, près de la frontière somalienne, déclenchant la colère des habitants qui accusent les policiers d'avoir tué des innocents.

Les deux hommes ont été abattus après avoir tenté de forcer un barrage dressé près de Mandera, localité frontalière de la Somalie, par les forces de sécurité, et un troisième occupant du véhicule est parvenu à s'enfuir, a annoncé lundi le chef de la police du canton de Mandera, Noah Mwivanda.

"En arrivant au barrage (...) les terroristes n'ont pas obéi aux policiers leur ordonnant de s'arrêter et ont au contraire lancé trois grenades", déclenchant les tirs de la police, a déclaré M. Mwivanda à l'AFP.

Selon le responsable policier, huit grenades ont été retrouvées dissimulées dans le véhicule. "Ceux qui ont été tués étaient des agents des (islamistes somaliens) shebab (...) et prévoyaient soit de mener des attaques meurtrières à la grenade (...) soit de transporter les grenades ailleurs", a-t-il expliqué.

Les policiers ont ensuite dû affronter une foule en colère, les accusant d'avoir tué des innocents dont un "cheikh" (notable musulman) respecté. "Il est possible que le terroriste tué ait été connu des habitants, mais ces gens qui protestent ne savent pas dans quoi les coupables étaient impliqués auparavant", a réagi M. Mwivanda.

Sur son compte Twitter, le porte-parole de l'armée kényane, le commandant Emmanuel Chirchir, a affirmé que l'un des tués était un kamikaze venu de Somalie voisine. Il affirme également que l'armée et la police "ont partagé des informations selon lesquelles trois suspects présumés armés et dotés d'explosifs se rendaient à Mandera pour une opération terroriste".

La région de Mandera, comme le reste des zones bordant les 700 km de frontière entre le Kenya et la Somalie, a été le théâtre de nombreuses attaques attribuées aux shebab ou à leurs sympathisants depuis que le Kenya a envoyé son armée les combattre en Somalie en octobre 2011.

Les shebab ont récemment menacé de "déplacer" la guerre au Kenya et les attentats se sont multipliés à Nairobi et Mombasa, les deux principales villes du pays depuis mars.

Par ailleurs, un prédicateur musulman, Cheikh Abdirashid, a été assassiné dimanche soir, dans la localité de Garissa, dans l'est du Kenya, à environ 150 km de la frontière somalienne.

Selon le chef de la police du canton de Garissa, Charles Kinyua, la victime a été tuée à bout portant à quelques mètres d'une mosquée où elle s'était rendue pour les prières du soir.

Le mobile de ce meurtre est pour l'heure inconnu, a indiqué M. Kinyua estimant qu'il était "trop tôt pour faire des suppositions". Cheikh Abdirashid avait selon lui déjà échappé à une tentative d'assassinat.

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