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Colombie : le trafic de drogue a retardé le "processus" révolutionnaire (chef des Farc)

02/06/2014 05:23 EDT | Actualisé 02/08/2014 05:12 EDT

Le trafic de drogue "a retardé le processus" révolutionnaire en Colombie, estime le dirigeant de la guérilla des Farc, Timoleón Jiménez, alias "Timochenko", assurant que son organisation est l'"ennemi" des narcotrafiquants, dans une interview diffusée lundi sur internet.

Dans cette intervention publiée sur le blog des Forces armées révolutionnaires de Colombie (marxistes), "Timochenko" affirme que la guérilla connaît bien les trafiquants de drogue qui pullulent dans son pays, car "ils ont tué beaucoup de nos cadres".

"Nous avons vécu dans les mêmes zones, où est produite la coca" et où les trafiquants font leurs juteuses affaires, mais "les relations n'ont jamais été les meilleures", poursuit-il, alors que beaucoup d'observateurs accusent la guérilla de collusion avec les trafiquants de cocaïne.

"Je suis partisan de la thèse selon laquelle le trafic de drogue a retardé le développement de notre processus, car il a causé beaucoup de tort, beaucoup de jeunes qui se sont consacrés à cette vie auraient pu être ici", ajoute le chef de la plus vieille guérilla d'Amérique latine.

"Nous continuons d'exister grâce aux valeurs révolutionnaires", dit également Timoleón Jiménez, assurant que si les Farc avaient pris part au trafic de drogue, elles auraient disparu.

La guérilla est depuis novembre 2012 à Cuba en pourparlers de paix avec le gouvernement du président Juan Manuel Santos. Les deux parties ont conclu ces dernières semaines un accord sur la question du trafic de drogue dans un pays champion du monde de la production de cocaïne.

"Il est clair pour nous que (les trafiquants) sont nos ennemis, ils ne croient pas à ce pour quoi nous luttons, parce que les premiers à être affectés si nous parvenons à bâtir la société telle que nous la concevons, ce sont eux", insiste-t-il.

Deux autres accords partiels ont été conclus entre les deux représentations à La Havane, sur le développement agraire et la participation politique des rebelles après la signature d'un accord de paix.

Reste à déterminer les réparations aux victimes de ce conflit d'un demi-siècle ayant fait 200.000 morts et cinq millions de déplacés ainsi que le mode de ratification d'un éventuel accord de paix définitif.

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