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Abdication du Roi d'Espagne: "le moment était venu", disent Espagnols et touristes

02/06/2014 08:57 EDT | Actualisé 02/08/2014 05:12 EDT

Passée la surprise, qu'ils soient pro ou anti monarchie, Espagnols et touristes estimaient lundi qu'il était temps pour le roi Juan Carlos d'abdiquer, affaibli par ses ennuis de santé et les scandales qui ont terni son image.

Juan Carlos, 76 ans, monté sur le trône à la mort du dictateur Francisco Franco en novembre 1975, a construit sa popularité en menant la transition de l'Espagne vers la démocratie.

Mais ses ennuis de santé à répétition et une série d'affaires, comme une partie de chasse au Botswana en 2012 dans un pays en plein marasme économique, ou encore l'inculpation de sa fille Cristina et son époux Iñaki Urdangarin dans un scandale de corruption, ont entaché sa popularité.

"Évidemment, c'est quelque chose qui devait arriver. Le roi est âgé", dit Maria José Gonzalez, 55 ans, venue de La Corogne (dans le nord de l'Espagne) pour visiter Madrid avec une amie.

Pour elle, "c'est mieux pour la stabilité de la monarchie. Nous pensons que le prince Felipe remplira très bien son rôle. Il est très bien préparé" pour prendre la succession de son père.

"C'était le moment", dit aussi son amie Cristina Alvarez, 52 ans. En raison, selon elle, "de sa faible popularité, "d'Urdangarin, de son âge".

Elle fait référence au scandale qui pourrait déboucher sur un procès de l'infante et de son mari.

Selon un sondage paru en janvier, 41% des personnes interrogées avaient une "haute ou une très haute opinion" du roi, soit une chute de neuf points en un an.

Et en mars 2013, déjà près de six Espagnols sur dix (56,9%) estimaient dans un sondage que Juan Carlos devait abdiquer.

- Monarchie obsolète ? -

"S'il veut que son fils fasse quelque chose, c'est maintenant" pour donner une autre image de la monarchie, estime aussi Giuseppe Volpe, un touriste italien de Turin de 47 ans venu avec sa compagne visiter Madrid.

"Je pense qu'au 21e siècle, il faut mettre fin à ce genre de chose (l'affaire Urdangarin) et changer la façon dont fonctionne la monarchie".

Après l'inculpation fin 2011 du gendre du roi, la Maison Royale a rendu publique une partie des revenus du roi qui bénéficie d'une immunité judiciaire.

Le souverain, "qui est un homme très intelligent et très dévoué à l'Espagne, s'est rendu compte que son image était un peu écornée", admet Cesar de la Lama, auteur de la première biographie autorisée du roi.

Dans son message expliquant son abdication, le roi Juan Carlos a soutenu la succession de son fils Felipe pour donner "un élan de rénovation" et de "correction des erreurs". "Aujourd'hui, il faut laisser passer en première ligne une génération plus jeune", a-t-il dit.

Mais certains jeunes, comme Alejandro Ricas, un étudiant de 19 ans, veulent en finir avec la monarchie, même si les partisans d'une république ne sont pas majoritaires, selon les sondages.

"Je pense que le moment est venu de son départ mais également de celui de la monarchie", tranche ce jeune étudiant.

Pour lui, "la monarchie en elle-même est un peu obsolète".

"Je voudrais que les Espagnols puissent choisir s'ils veulent une monarchie ou une République comme en France par exemple", ajoute-t-il.

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