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Ukraine/est: des femmes et des enfants réfugiés dans un monastère

01/06/2014 02:49 EDT | Actualisé 31/07/2014 05:12 EDT

"Les enfants crient et pleurent dés que commencent les bombardements. Nous avons passé la nuit dans la cave. Combien de temps peut-on vivre comme ça?", raconte Elena, arrivée au monastère de Sviatoguirsk (est de l'Ukraine) pour échapper aux combats à Slaviansk.

Place forte des séparatistes prorusses, Slaviansk, ville de 110.000 habitants, est encerclée par les forces ukrainiennes. Les tirs des mortiers et de l'artillerie des forces loyalistes ont fait de nombreux morts et blessés parmi la population civile au cours des dernières semaines, selon des journalistes sur place.

Elena, 35 ans, est arrivée samedi avec son fils de 4 ans devant les portes du monastère orthodoxe de la Dormition à Sviatoguirsk, à 25 km de Slaviansk. Pour tout bagage, deux sacs de voyage, avec un ours en peluche qui dépasse. Avec elle, trois autres femmes et quatre enfants descendent d'un minibus des services médicaux d'urgence de Slaviansk.

"S'il n'y avait pas mon fils, je serais restée là-bas. Mais les enfants sont très perturbés par le fait d'aller dans la cave pour se protéger des bombardements et d'entendre tout le temps des explosions", poursuit Elena. "Ca tirait encore quand nous avons quitté la ville".

Les responsables de ce monastère érigé au XVIIe siècle et dépendant du patriarcat de Moscou, ont annoncé il y a quelques jours êtres prêts à accueillir des réfugiés. Un millier de personnes peuvent être hébergées dans les grands bâtiments attenants au monastère, qui ont servi pendant des siècles à accueillir des pèlerins.

Les réfugiés sont nourris et logés aussi longtemps qu'ils le souhaitent, a annoncé le monastère. Quelques dizaines de familles seraient actuellement hébergés au monastère de la Dormition.

Les responsables du monastère refusent le contact avec les journalistes "pour ne pas prendre le risque d'être critiqués par une des parties en conflit", a déclaré un moine joint par l'AFP au téléphone.

- "Les obus tombent n'importe où" -

"Beaucoup de nos amis sont déjà partis de Slaviansk. Certains dans des villes d'Ukraine où la situation est calme, d'autres en Russie où ils ont de la famille. Mais il faut de l'argent pour le voyage. Moi je n'en ai pas. Cela fait un mois que je ne travaille plus. Quel travail peut-il y avoir quand on nous bombarde tout le temps?", déclare Svetlana, une jeune mère de famille arrivée de Slaviansk avec Elena.

Derrière elle, les enfants s'amusent devant l'entrée du monastère, situé au bord d'une rivière, dans une agréable région boisée, sans se préoccuper de la présence de quelques pèlerins à l'allure de vagabonds.

Ilya, 10 ans, essaye de montrer qu'il est déjà grand et affirme: "On s'habitue aux tirs, on ne fait plus attention comme au début, même si ça fait toujours peur". Son amie Liza, qui a le même âge, ajoute de son côté: "Quand ça tire, on ne sait pas où ça va tomber, c'est ça qui fait peur".

Elena et ses amies parlent avec beaucoup d'émotion des dernières semaines passées à Slaviansk: "Il fallait qu'on s'en aille. Il y a eu des enfants tués, d'autres grièvement blessés. Une jeune fille a eu la main arrachée. On n'a pas toujours le temps de se mettre à l'abri quand commencent les bombardements et les obus tombent n'importe où".

Elles s'inquiètent maintenant pour ceux qui sont restés à Slaviansk, maris ou parents qui refusent de quitter leur appartement.

"J'ai dit à ma famille et à mes amis que je partais pour trois semaines. Bien sûr, j'espère que les choses vont s'améliorer, mais je ne crois pas vraiment pouvoir rentrer chez moi bientôt", reconnait Elena.

Entre-temps, l'une des femmes arrivées de Slaviansk a été voir le supérieur du monastère et revient avec une bonne nouvelle : les dix nouveaux arrivants sont acceptés et peuvent s'installer dans leur nouvelle demeure.

nm/neo/jh

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