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Mondial-2014 - Brésil - Cafu: attention au "spectre de 2014"...

31/05/2014 06:40 EDT | Actualisé 31/07/2014 05:12 EDT

Dernier des cinq capitaines du Brésil à avoir soulevé la Coupe du monde, Cafu prévient que la Seleçao doit l'emporter au Mondial pour ne pas que "le spectre de 1950", la fameuse défaite du "Maracanazo", "devienne celui de 2014", dans un entretien à l'AFP.

L'ambassadeur du Comité d'organisation du Mondial (COL), double champion du monde (1994, 2002) et unique joueur de l'histoire à avoir disputé trois finales de Mondial d'affilée (1994, 1998, 2002), relativise les retards dans les travaux et prend soin d'isoler la Coupe du monde des manifestations.

Q: Comment chasser le spectre du "Maracanazo" de 1950?

R: "On n'éliminera ce spectre qu'en gagnant à la maison. Si nous ne remportons pas ce Mondial, le spectre de 1950 deviendra celui de 2014 et il nous hantera jusqu'à ce qu'on ait une nouvelle Coupe du monde ici."

Q: Y a-t-il trop de pression sur la Seleçao ?

R: "Je ne crois pas que le fait de jouer à domicile, avec les grandes attentes liées à cela, soit quelque chose de négatif. Gagner est toujours une grande responsabilité pour le Brésil, mais c'est le cas à domicile comme à l'extérieur. Quand il joue à l'extérieur, il subit déjà une grande pression, alors imaginez ici ! C'est une pression normale pour une sélection quintuple championne du monde, mais comme en 1950 elle n'a pas pu gagner, finalement la pression augmente."

Q: Quels sont les adversaires les plus redoutables ?

R: "Toutes les sélections peuvent poser des problèmes, toutes sont nos adversaires. Il faut avoir du respect pour celles qui ont déjà été championnes du monde comme l'Angleterre, l'Argentine, l'Uruguay, l'Espagne et l'Italie, qui peuvent certainement poser des problèmes."

Q: L'Espagne vous semble dangereuse ?

R: "L'Espagne est une grande sélection. Beaucoup disent qu'elle est en déclin mais ce n'est pas sûr du tout."

Q: "Des grèves, des manifestations, parfois anti-Mondial: quel est votre regard sur le Brésil d'aujourd'hui ?

R: "Ce n'est pas seulement au Brésil: il y a des manifestations et des mobilisations dans le monde entier. Il y a même des pays en guerre. Au Brésil, on a des manifestations démocratiques pour des sujets qui sont bons pour le pays, mais c'est sûr que le Brésil est plus exposé maintenant, le monde entier regarde le Brésil et cela donne de l'écho à ces mobilisations. De toute façon, le Mondial arrive et ce sera un grand Mondial. Il y aura des manifestations, mais nous espérons que cela ne se reflètera pas sur le terrain."

Q: Ce climat de critiques du Mondial peut-il affecter les joueurs ?

R: "Cela ne va pas influer sur les joueurs, parce qu'avec ou sans manifestations, ils devront jouer. C'est notre pays, il est normal de protester, c'est un droit de l'homme. En plus d'être des sportifs, nous sommes des citoyens, c'est un droit. Mais nous sommes sur un terrain pour jouer au foot et cela ne doit pas influer sur le jeu."

Q: Mais les critiques du Mondial vous paraissent-elles justes ?

R: "Ce serait malhonnête de ma part de dire si elles sont justes ou injustes."

Q: Les manifestations et retards dans les travaux peuvent-ils affecter l'image du Brésil ?

R: "On va dépasser tout ça. Il y a des retards dans tous les chantiers du monde, c'est normal, mais on dirait qu'on prend plaisir à dire du mal du Brésil. Je veux que tout aille bien. J'insiste, oui, il y a quelques retards, mais ces travaux vont se poursuivre. Maintenant, concentrons-nous sur le Mondial. Après le Mondial, les revendications devront revenir sur d'autres sujets: la sécurité, l'éducation, la santé et les transports, ce dont notre pays a besoin."

Q: A la place de la Fifa, attribueriez-vous de nouveau le Mondial au Brésil ?

R: "Je ne suis pas la Fifa, je ne peux pas répondre".

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