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Turquie: décès d'une femme blessée lors d'une intervention policière (ONG)

30/05/2014 05:38 EDT | Actualisé 30/07/2014 05:12 EDT

Une femme turque de 64 ans, plongée dans le coma depuis une intervention de la police lors d'une manifestation antigouvernementale à Istanbul en décembre, est décédée vendredi des suites de ses blessures, a-t-on appris auprès d'une ONG.

"Elif Cermik est décédée ce matin (vendredi). Elle était dans le coma depuis 159 jours", a annoncé à l'AFP une militante du mouvement féministe Halkevci Kadinlar.

Selon le quotidien turc Radikal, cette sexagénaire avait été victime d'une crise cardiaque lorsque les forces de l'ordre avaient dispersé sous des nuages de gaz lacrymogène un rassemblement, le 22 décembre dans le quartier stambouliote de Kadiköy, pour dénoncer la corruption du régime du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Une semaine plutôt, la justice turque avait lancé un coup de filet anticorruption contre des dizaines de proches du pouvoir islamo-conservateur, dont trois fils de ministres.

Le décès de Mme Cermik intervient à la veille du premier anniversaire de la vague de contestation antigouvernementale qui a secoué la Turquie en juin 2013.

Partie de l'opposition d'une poignée d'écologistes à un projet de destruction du parc Gezi, en lisière de la place Taksim d'Istanbul, cette fronde a réuni pendant trois semaines plus de 3,5 millions de Turcs dans des dizaines de villes du pays.

Sévèrement réprimée, elle s'est soldée par huit morts, plus de 8.000 blessés et des milliers d'arrestations.

Le collectif à l'origine de ces émeutes a appelé ses troupes à redescendre dans la rue samedi pour marquer leur premier anniversaire. Mais les autorités ont interdit tout rassemblement sur la place Taksim et mobilisé quelque 25.000 policiers pour en barrer les accès, laisser augurer de nouveaux affrontements.

Indigné, le chef de file du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), a exhorté vendredi le gouvernement à autoriser les rassemblements samedi. "Que les jeunes manifestent comme ils le veulent. Pourquoi ce déploiement de force pour les en empêcher?", a lancé Kemal Kiliçdaroglu à la presse.

En mars, les obsèques d'un jeune de 15 ans grièvement blessé par la police en marge des émeutes de juin 2013 avaient donné lieu à d'importantes manifestations contre M. Erdogan qui avaient réuni plusieurs centaines de milliers de personnes dans tout le pays.

BA/pa/fw

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