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Pétrole: le Québec veut exploiter sans polluer

30/05/2014 03:06 EDT | Actualisé 30/07/2014 05:12 EDT

Le gouvernement du Québec ne renonce pas à l'exploitation pétrolière et à ses juteuses retombées potentielles mais a promis vendredi de prendre le temps d'évaluer les risques environnementaux liés à l'extraction par fracturation hydraulique.

Le gouvernement va "agir de manière réfléchie, sans pour autant laisser passer les opportunités qui doivent être saisies à court terme", a expliqué Pierre Arcand, ministre québécois des Ressources naturelles, lors d'une conférence de presse.

Dans un exercice d'équilibriste, le gouvernement libéral nouvellement élu a temporisé en promettant deux "évaluations environnementales stratégiques" et "une loi sur les hydrocarbures d'ici l'automne 2015", a annoncé M. Arcand.

"Les évaluations environnementales stratégiques" vont porter, pour la première, sur "l'exploitation et l'exploration des hydrocarbures" sur un plan général. La seconde va cibler l'impact environnemental plus spécifiquement sur l'île d'Anticosti, dans le golfe du Saint-Laurent.

Le précédent gouvernement indépendantiste avait remis la main sur les permis d'exploration sur cette île grande comme la Corse, avec à peine plus de 200 habitants et véritable joyau environnemental. Pour cela, il avait créé une coentreprise dont il détient 35% aux côtés de Petrolia, Corridor Resources et Saint-Aubin Energie (Maurel et Prom), qui en possèdent 21,7% chacun.

M. Arcand a assuré, dans le respect des engagements du précédent gouvernement, qu'il donnait son accord "aux sondages stratigraphiques" (pour étudier la succession des différentes couches géologiques, ndlr) cet été à Anticosti. "On vit avec une entente passée" et le gouvernement ne veut "pas de litige avec (ses) partenaires".

Une chose est sûre, a-t-il promis, il n'y aura "pas de fracturation sans étude environnementale".

Si l'accord entre le gouvernement et les industriels prévoit "qu'il peut y avoir de la fracturation", rien ne devrait être engagé avant au minimum un an, a estimé pour sa part le ministre de l'Environnement David Heurtel.

Les sociétés engagées avec le gouvernement "comprennent très bien la situation et je pense qu'ils vont sans problème respecter" notre interdiction "des travaux de fracturation à l'île d'Anticosti tant que l'enquête spécifique ne sera pas terminée", a dit M. Heurtel.

"Exploration n'est pas synonyme d'exploitation" et si au final le Québec devait aller vers la voie de l'exploitation à grande échelle alors "celle-ci devra être encadrée et contrôlée", a-t-il ajouté.

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