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Mondial-2014: Cristiano Ronaldo dans une ville de dengue

30/05/2014 05:42 EDT | Actualisé 30/07/2014 05:12 EDT

Campinas, camp de base du Portugal de Cristiano Ronaldo et du Nigeria: voilà une ville qui fait le buzz parmi celles qui reçoivent des sélections du Mondial-2014 au Brésil, en raison du bourdonnement historique du moustique qui transmet la dengue.

Historique, car le nombre de personnes touchées par cette maladie tropicale y a atteint entre le 1er janvier et le 15 mai un total de 32.384, un record dans l'histoire de cette ville proche de Sao Paulo (sud-est du Brésil).

"C'est une épidémie record, qui dépasse les 11.500 cas enregistrés pour l'année 2007", dit à l'AFP Andrea Von Zuben, coordinatrice du programme de lutte contre la dengue à la municipalité de Campinas.

La dengue ressemble à une grosse grippe, rarement mortelle: sur tous ces cas répertoriés, trois morts ont été recensées, des femmes de 69, 27 et 81 ans. Trois autres décès sont encore à l'étude pour déterminer s'ils sont dûs à l'aedes aegypti, le moustique contaminateur.

Dans la plupart des cas, si les symptômes apparaissent, l'affection se manifeste par des douleurs articulaires et musculaires, des nausées et maux de tête, parfois des éruptions cutanées, pendant une période maximale de sept jours.

- Boire -

Mem Von Zuben explique ce pic de 2014 par l'addition d'au moins trois facteurs: les "chaleurs intenses" des quatre premiers mois, la "circulation prédominante" d'un type de virus plutôt rare et pour lequel "la population n'était donc pas immunisée", et le manque d'hygiène et l'eau stagnante qui favorisent les nids.

Mais la responsable se veut rassurante: les deux sélections arriveront dans des "conditions climatiques défavorables aux moustiques" avec des températures plus basses, et les lieux qu'elles fréquenteront ont été traités en priorité.

"On place des larvicides et des poisons anti-moustiques à l'aéroport, dans les centres d'entraînement et les hôtels, si bien que les sélections courront beaucoup moins de risques que la population", remarque même Andrea Von Zuben. De plus, la zone la plus infectée de la ville, le nord-ouest, est assez distante des hébergements mondialistes.

Il y eut néanmoins de nombreux échanges avec les équipes et leurs médecins. "Ils voulaient savoir, ils étaient inquiets", reconnaît Mme Von Zuben. L'usage de produit répulsif leur a été conseillé, sachant qu'il n'existe pas de vaccin, ni de remède autre qu'une forte hydratation (4,5 litres quotidiens), par voie intraveineuse si nécessaire.

"La Fédération portugaise de football (FPF) est en contact permanent avec les autorités locales, a indiqué de son côté la FPF à l'AFP. Il nous a été garanti que la situation était identifiée et contrôlée, et il ne devrait pas y avoir de quoi s'alarmer".

Cristiano Ronaldo, diminué par des pépins physiques en fin de saison, soigne actuellement des douleurs musculaires à la cuisse gauche. Il ne faudrait pas qu'une grippe tropicale s'y ajoute pour le capitaine portugais...

- Nordeste à risque ? -

Début mai, lors de la visite du sélectionneur du Portugal Paulo Bento au centre d'entraînement, la mairie de Campinas avait déjà affirmé que trois opérations de désinfection seraient réalisées d'ici l'arrivée de la Selecçao le 11 juin dans le quartier de Jardim Eulina, où se trouve le stade Moises Lucarelli.

Depuis, 83.000 tonnes d'immondices ont été déplacées avec l'aide de l'armée, le ramassage des ordures a été intensifié, et des dizaines d'immeubles ont été placés sous scellés et désinfectés.

A la mi-mai, une étude de la revue médicale britannique The Lancet Infectious Diseases avait pointé trois villes hôtes du Mondial à risques pendant la compétition: Natal, Fortaleza et Recife, situées dans le nord-est au climat équatorial.

Le Brésil est le pays le plus touché par cette maladie depuis le début du siècle avec plus de 7 millions de cas répertoriés entre 2000 et 2013, selon une étude brésilienne.

Mais il y a aussi les maladies qui viennent d'ailleurs: la mairie de Campinas a lancé un programme de vaccination pour les personnes qui seront en contact avec les touristes étrangers, "notamment des continents africain et européen, où la rougeole et la polyomélite sont des maladies encore persistantes".

La vaccination, gratuite, s'adresse en priorité au personnel de six hôtels, aux chauffeurs de taxis et de bus et aux employés des principaux restaurants et établissements touristiques.

ybl-tsc/pal/jde

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