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Uruguay : la loi sur le cannabis attaquée par des chefs d'entreprises

29/05/2014 01:29 EDT | Actualisé 29/07/2014 05:12 EDT

Les décrets d'application de la loi régulant le cannabis en Uruguay ont été attaqués par des entrepreneurs contestant l'article qui interdit de sanctionner un employé se présentant au travail sous les effets de ce stupéfiant.

"Nous comprenons que les décrets d'application interdisent de sanctionner un employé qui viendrait travailler sous les effets de la marijuana, ce qui nous paraît une imbécillité", a déclaré jeudi à l'AFP Claudio Piacenza, dirigeant de la Chambre de commerce de l'Uruguay.

"Dans une certaine mesure, c'est une perte de contrôle dans la direction de l'entreprise, car il s'agit d'une faute grave et on ne peut pas sanctionner l'employé", a-t-il dénoncé.

Parmi les 104 articles détaillant la mise en oeuvre de cette loi unique au monde par laquelle le marché du cannabis sera régulé par l'Etat, le n°42 interdit de "fumer, consommer ou ingérer des produits à base de cannabis au cours de sa journée de travail".

Mais si l'employeur a le droit de mener des contrôle aléatoires sur ses salariés, et d'exiger de celui ou celle contrôlé positif de quitter son lieu de travail, le texte précise qu'il n'est pas possible "d'appliquer des sanctions disciplinaires si aucune autre faute" n'a été commise.

"Ainsi, si l'employé arrive drogué et m'insulte, oui, je peux le sanctionner, mais s'il vient seulement drogué, ce qui à mes yeux constitue une faute grave, je ne peux pas le sanctionner", a poursuivi M. Piacenza.

Le responsable a également soulevé le cas d'entreprises multinationales imposant des normes de sécurité et d'hygiène interdisant de travailler sous l'effet de l'alcool ou de produits stupéfiants. "Comment vont-elles faire pour se mettre en accord avec cette nouvelle norme juridique", a-t-il demandé, regrettant "une improvisation" des autorités.

Le pouvoir exécutif dispose de 150 jours pour statuer sur les décrets contestés. S'il ne le fait pas dans les délais impartis ou décide de les maintenir en l'état, les plaignants pourront en demander l'annulation devant le Tribunal du contentieux administratif.

L'Uruguay, petit pays d'Amérique du Sud de 3,3 millions d'habitants, était devenu en décembre le premier au monde à voter une loi régulant la production, la distribution et la vente de cannabis sous autorité de l'Etat.

Les décrets d'application avaient été signés début mai par le président de gauche et ex-guérillero Jose Mujica, et les premières mises en vente de cannabis dans les pharmacies sont attendues d'ici la fin de l'année.

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