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Un équipage russo-occidental rejoint l'ISS à bord d'une fusée Soyouz

29/05/2014 01:19 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Un nouvel équipage composé d'un Russe, d'un Allemand et d'un Américain est arrivé jeudi à l'ISS à bord d'un vaisseau russe Soyouz lancé de Baïkonour, le premier depuis que l'accès de tension entre Russes et Occidentaux a menacé leur coopération spatiale.

Le vaisseau Soyouz TMA-13M s'est arrimé au module russe de la Station spatiale internationale à 01H44 GMT en régime automatique, a indiqué le Centre de contrôle des vols (Tsoup) basé près de Moscou.

Les sas ont été ouverts et à 03H52 GMT les trois hommes ont rejoint l'équipage de l'ISS, a indiqué le Tsoup, qui a publié des photos sur son site internet.

La fusée "Soyouz-FG" et avec elle le vaisseau "Soyouz TMA-13M", avaient décollé mercredi à 19H57 GMT du cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan avec à son bord le cosmonaute russe Maxime Sourayev et ses homologues américain Reid Wiseman et allemand Alexander Gerst.

Les trois hommes entament une mission de 167 jours, avec un retour sur terre prévu en novembre.

Les expériences que mèneront les trois hommes à bord de l'ISS portent sur l'humain, la biologie et la biotechnologie, les sciences physique et de l'espace.

Le commandant de la mission est le russe Maxime Sourayev, qui en est à son deuxième séjour de longue durée à bord de la station, tandis que ses deux compagnons réalisent aujourd'hui leur baptême de feu.

Ils ont été accueillis à bord de la station orbitale par l'astronaute américain Steve Swanson et par les cosmonautes russes Alexandre Skvortsov et Oleg Artemiev.

Lors d'une conférence de presse mercredi, l'équipage russo-occidental a été interrogé par un journaliste leur demandant si la crise en Ukraine avait affecté leurs relations. Les trois hommes se sont alors enlacés amicalement en réponse.

"L'espace est sans frontières, nous volons vers une station spatiale internationale où nous réalisons des expériences qui sont bénéfiques pour chacun d'entre nous. Elles sont bénéfiques pour toute l'humanité", a ensuite plaidé Alexander Gerst.

Bien que la crise en Ukraine complique les relations entre la Russie et les pays occidentaux, ils sont condamnés à s'entendre puisque les vaisseaux russes Soyouz sont encore aujourd'hui le seul moyen d'acheminer et de rapatrier les équipages de la station spatiale internationale.

Piquée au vif par les sanctions occidentales à son encontre, la Russie a toutefois annoncé en mai ne pas avoir l'intention de prolonger l'exploitation de l'ISS au-delà de 2020 comme le souhaitent les Américains.

"Après 2020, nous aimerions réorienter ces moyens financiers dans des projets spatiaux ayant plus d'avenir", avait déclaré le vice-Premier ministre russe en charge du secteur spatial Dmitri Rogozine, connu pour sa rhétorique anti-occidentale.

En avril, ce dernier avait déjà frappé les esprits en écrivant sur Twitter que les astronautes américains pourraient désormais avoir besoin d'un "trampoline" pour rejoindre l'ISS.

La NASA avait de son côté décidé début avril de suspendre tous ses contacts avec la Russie, à l'exception de la collaboration portant sur l'ISS. Elle avait aussi annoncé vouloir prolonger jusqu'en 2024 la durée de vie de la station.

Au total, seize pays participent à l'ISS, dont la Russie et les États-Unis, qui en financent la plus grande partie. Un équipage de six astronautes occupe en permanence la structure avec des rotations allant jusqu'à six mois.

Mis en orbite en 1998, cet avant-poste et laboratoire orbital a coûté au total cent milliards de dollars à construire.

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