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Ukraine : les rebelles abattent un hélicoptère de l'armée, 12 soldats tués

29/05/2014 08:26 EDT | Actualisé 29/07/2014 05:12 EDT

Les rebelles prorusses de l'est de l'Ukraine ont abattu jeudi un hélicoptère de l'armée ukrainienne, tuant 12 soldats, soit l'une des journées les plus noires pour les forces loyalistes qui tentent depuis près de deux mois de mettre fin à l'insurrection séparatiste.

Le Mi-8 ukrainien, qui transportait des hommes pour la relève des troupes et un général des forces du ministère de l'Intérieur, a été visé par un lance-missiles sol-air portatif russe près du bastion prorusse de Slaviansk, a affirmé le président par intérim Olexandre Tourtchinov devant le Parlement.

M. Tourtchinov avait fait état dans un premier temps de 14 morts, avant que la Garde nationale ne publie un bilan de 12 morts et un blessé grave et n'annonce avoir "éliminé" en réponse le groupe de séparatistes ayant ouvert le feu.

Ces affrontements meurtriers ont donné lieu à une nouvelle passe d'armes entre l'Ukraine et la Russie, au moment où ces deux pays sont au bord d'une nouvelle "guerre du gaz" qui inquiète fort les Européens. De nouvelles négociations d'urgence sont prévues pour vendredi à Berlin afin d'éviter une interruption des livraisons, possible dès mardi.

"Je suis convaincu que nos forces armées (...) mèneront à son terme le nettoyage des terroristes et que les criminels que finance la Russie seront éliminés ou se retrouveront sur le banc des accusés", a lancé M. Tourtchinov, qui doit laisser sa place début juin au vainqueur de la présidentielle de dimanche, Petro Porochenko.

La diplomatie russe a de son côté appelé les Occidentaux à faire pression sur les autorités ukrainiennes pour arrêter l'escalade de la violence et le glissement de l'Ukraine vers une "catastrophe nationale".

Il s'agit de l'une des journées les plus sombres pour l'armée ukrainienne depuis le déclenchement de ses opérations contre les insurgés de l'Est. Le 22 mai, 17 militaires avaient été tués : 16 dans la ville de Volnovakha, dans la région de Donetsk, et un dans une autre attaque d'insurgés dans la région voisine de Lougansk.

- Espions ? -

Après des combats qui ont fait une quarantaine de morts (surtout des séparatistes) lundi à l'aéroport international de Donetsk, la tension reste vive sur le terrain.

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a perdu mardi le contact avec une équipe de quatre observateurs - un Danois, un Estonien, un Turc et un Suisse.

Pour la première fois jeudi, les insurgés ont reconnu les détenir et laissé entrevoir une possible libération.

"Ils sont sains et saufs", a déclaré à l'agence de presse Interfax Viatcheslav Ponomarev, le "maire" de Slaviansk, un bastion des insurgés dans l'est de l'Ukraine. "Nous allons clarifier qui ils sont, où ils allaient et pourquoi, et nous les relâcherons", a-t-il ajouté.

"Il y a des soupçons selon lesquels ils seraient des espions", a expliqué de son côté Denis Pouchiline, l'un des leaders de la "République de Donetsk", cité par l'agence de presse RIA Novosti.

Un autre groupe, de 11 observateurs, a été également brièvement détenu mercredi dans la région de Donetsk.

L'OSCE a qualifié la détention de ses observateurs d'acte de "sabotage des efforts internationaux" pour mettre fin à la crise et aux combats.

Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs annoncé la mort d'un soldat dans un assaut des séparatistes contre une unité de la région de Lougansk mercredi soir.

"Nous avons un plan d'action (...). Ce plan conduira à un nettoyage total du territoire ukrainien, et plus précisément de l'Est, des séparatistes", a martelé le ministre de la Défense Mikhaïlo Koval.

Vainqueur de la présidentielle de dimanche avec 54,7% des voix, le milliardaire Petro Porochenko a indiqué vouloir "immédiatement" entamer des négociations avec les Etats-Unis et l'Europe sur une alliance de défense "pour protéger l'Ukraine militairement", dans un entretien avec le quotidien allemand Bild.

Il assure dans le même temps vouloir discuter avec Vladimir Poutine.

Les deux hommes ont été invités à participer aux cérémonies commémoratives du Débarquement le 6 juin, auxquelles doivent assister aussi leur homologue américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel.

- Gaz coupé mardi ? -

Sur le front gazier, les deux pays voisins campent par ailleurs sur leurs position. Moscou exige de l'Ukraine qu'elle honore ses arriérés (3,5 milliards de dollars) et aussi le paiement anticipé des livraisons de juin.

Kiev, exsangue financièrement, pose comme préalable des assurances sur une baisse du prix du gaz, actuellement le plus élevé en Europe.

L'UE a proposé lundi une feuille de route qui prévoyait dans un premier temps le versement par l'Ukraine de deux milliards de dollars ce jeudi, mais Kiev a refusé de débourser quoi que ce soit sans discussions sur le prix.

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