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Procès de deux hauts dirigeants Khmers rouges: verdict le 7 août

29/05/2014 06:33 EDT | Actualisé 29/07/2014 05:12 EDT

Le tribunal de Phnom Penh chargé de juger les Khmers rouges a annoncé jeudi qu'il rendrait le 7 août son verdict dans le procès des deux plus hauts dirigeants du régime encore vivants, poursuivis pour leur responsabilité dans la mort de deux millions de personnes au Cambodge entre 1975 et 1979.

L'idéologue du régime Nuon Chea, 87 ans, et le chef de l'Etat du "Kampuchéa démocratique" Khieu Samphan, 82 ans, sont poursuivis pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Mais pour essayer d'obtenir au moins un verdict avant la mort des accusés octogénaires, la procédure complexe a été découpée.

Le premier "mini-procès", qui a duré deux ans, se concentre sur les "crimes contre l'humanité" qu'ont constitué les déplacements forcés de population lors de l'évacuation des villes, en application de l'utopie marxiste des Khmers rouges de créer une société agraire, sans monnaie ni citadins.

Lors de l'une des plus grandes migrations forcées de l'Histoire moderne, la capitale notamment avait été vidée de ses deux millions d'habitants obligés d'aller travailler dans des fermes collectivistes.

En octobre, l'accusation avait requis la perpétuité pour ces crimes, soit la peine maximale prévue par le tribunal parrainé par l'ONU. Les accusés ont de leurs côtés nié toutes les accusations.

Le régime totalitaire de Pol Pot a conduit entre 1975 et 1979 à la mort de deux millions de personnes, soit un quart de la population du pays, d'épuisement, de faim, sous la torture ou dans des exécutions sommaires.

"Les victimes des Khmers rouges ont attendu près de 40 ans", a commenté jeudi le porte-parole du tribunal Lars Olsen.

Le tribunal a précisé dans un communiqué que le deuxième mini-procès devrait commencer d'ici à la fin 2014.

"Je veux les voir être condamnés avant qu'ils ne meurent. Nous attendons une forme de justice", a de son côté insisté Chum Mey, l'un des rares à avoir survécu à son passage par la prison de Tuol Sleng, où 15.000 personnes ont été torturées avant d'être exécutées.

A l'ouverture symbolique du procès en juin 2011, quatre anciens responsables étaient dans le box des accusés pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Mais depuis, la ministre des Affaires sociales du régime Ieng Thirith a été considérée inapte à être jugée en raison d'un diagnostic de maladie d'Alzheimer, et libérée. Elle est actuellement hospitalisée en Thaïlande.

Et son mari Ieng Sary, ancien ministre des Affaires étrangères, est décédé l'an dernier à l'âge de 87 ans.

Le tribunal, souvent critiqué pour ses lenteurs, n'a rendu jusqu'à présent qu'un seul verdict, contre Douch, de son vrai nom Kaing Guek Eav, chef de la prison de Tuol Sleng à Phnom Penh. Il a été condamné en appel en 2012 à la prison à perpétuité.

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