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L'UE très inquiète de la répression après le coup d'Etat en Thaïlande

29/05/2014 05:01 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

L'Union européenne a exprimé sa "grande inquiétude" concernant les détentions politiques et la censure en Thaïlande, alors que la junte militaire commençait à discuter des plans pour l'avenir.

L'UE, important partenaire commercial du royaume, a estimé que seul un plan clair sur le retour à la démocratie pourrait permettre "la poursuite de son soutien", après la prise de pouvoir de l'armée le 22 mai et les convocations de figures politiques, d'universitaires et de journalistes.

"Nous suivons les développements actuels avec une grande inquiétude", a déclaré la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton dans un communiqué.

"Nous appelons les dirigeants militaires à libérer tous ceux qui ont été placés en détention pour des raisons politiques ces derniers jours et à abolir la censure", a-t-elle ajouté.

La junte a ajouté jeudi une vingtaine de noms à la liste des déjà plus de 250 personnes convoquées. Des dizaines d'entre elles, qui se sont présentées à la convocation, ont été ou sont toujours détenues, sans charges, dans les lieux tenus secrets.

Les militaires ont également suspendu en grande partie la Constitution, limité les libertés civiles et imposé un couvre-feu. Ils ont en revanche nié avoir bloqué Facebook, après des problèmes d'accès au site mercredi.

Une semaine après sa prise de pouvoir, le général Prayut Cha-O-Chan a rencontré jeudi des hauts responsables nationaux et régionaux, rencontre lors de laquelle il a évoqué trois étapes pour le retour du pays à la démocratie, sans donner de calendrier.

Le pays restera sous "loi spéciale" lors de la première étape, et plus tard, une assemblée nationale et un "conseil de réformes" seront mis en place, a indiqué la porte-parole de l'armée Sirichan Ngathong. Seulement alors la Thaïlande pourra préparer des élections, a-t-elle ajouté.

La Thaïlande a vécu 19 coups d'Etat ou tentatives depuis l'établissement de la monarchie constitutionnelle en 1932.

Depuis le précédent putsch en 2006 contre Thaksin Shinawatra, qui reste malgré son exil le facteur de division du pays, le pays est englué dans une série de crises politiques faisant descendre dans la rue tour à tour les ennemis et les partisans du milliardaire.

Avant le coup d'Etat, lors de crise qui a fait 28 morts, ses opposants avaient manifesté pendant sept mois dans les rues de Bangkok pour réclamer la démission de sa soeur Yingluck Shinawatra, devenue Première ministre après les législatives de 2011 et destituée par la justice début mai.

Yingluck, convoquée par la junte, a été libérée, tout comme les leaders des Chemises rouges pro-Thaksin, libres depuis mercredi, mais ils ont dû s'engager à arrêter leurs activités politiques, sous peine de poursuites devant la cour martiale.

La junte a également annoncé jeudi la libération de Niwattumrong Boonsongpaisan, Premier ministre intérimaire qui avait succédé à Yingluck avant d'être renversé par le coup d'Etat.

Des leaders politiques et des manifestants de l'autre camp ont également été libérés ces derniers jours.

L'armée a d'autre part à nouveau mis en garde jeudi les opposants au putsch qui organisent quotidiennement de petites manifestations.

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