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Liée à un site porno, une Argentine traîne Google et Yahoo en justice

29/05/2014 05:51 EDT | Actualisé 29/07/2014 05:12 EDT

Le mannequin argentin Maria Belen Rodriguez lutte depuis huit ans contre les moteurs de recherche Google et Yahoo qui l'ont reliée à des sites pornographiques, un litige examiné jeudi par la Cour suprême.

La plaignante de 30 ans dénonce le fait que les moteurs de recherche renvoyaient les internautes faisant une recherche la concernant vers des sites pornographiques et de prostitution, diffusant des photos d'elle, qui n'avaient rien d'érotique.

"Un jour mon père a mis mon nom sur Google et il s'est retrouvé sur un site porno", s'est ému la jeune femme.

Sur certains sites, ses photos de modèle de mode apparaissaient au milieux d'images pornographiques, sur d'autres, en cliquant sur son nom, s'affichaient des photos d'autres jeunes femmes classées X.

"Ca m'a attiré des millions de problèmes. J'ai perdu des opportunités de travail à cause de cela", affirme-t-elle.

Au terme d'une longue procédure judiciaire entamée en 2006, la justice a ordonné aux moteurs de recherche de bloquer le lien entre le nom de la jeune femme et les sites internet incriminés, évoquant une "responsabilité subjective".

Voici deux ans, Yahoo a obtempéré, mais pas Google, sanctionné d'une amende de 42.000 pesos (4.000 euros), et qui s'est exécuté en 2014, selon l'avocat de Mme Rodriguez, Martin Leguizamon, qui réclame 27.000 euros de dommages et intérêts.

"J'ai l'espoir que le droit à la liberté d'expression ne va pas se substituer au droit à l'intimité et à l'honneur des personnes. Il doit y avoir une limite", a déclaré à l'AFP Maria Belen Rodriguez, après l'audience devant la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire d'Argentine.

L'avocat de Google Mariano Florencio Grondona soutient que les liens auraient pu être bloqués plus tôt mais que la victime n'a pas voulu identifier les sites controversés. Google décline toute responsabilité sur les contenus des sites internet, se présentant comme un simple intermédiaire.

"C'est impossible de contrôler les contenus", insiste pour sa part Alberto Bueres, l'avocat de Yahoo.

La décision de la Cour suprême est attendue en juin.

ap/bir

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