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Japon: Shinzo Abe va poursuivre son opération de charme vers l'Asean à Singapour

29/05/2014 04:22 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe va profiter ce week-end d'un sommet asiatique consacré à la sécurité à Singapour pour poursuivre son offensive de charme régionale afin de tenter de contrer la Chine et ses ambitions territoriales.

Lors de ce sommet annuel connu sous le nom de Dialogue de Shangri-La, Shinzo Abe se gardera bien, selon le quotidien japonais Sankei Shimbun, d'explicitement pointer du doigt la Chine, avec laquelle le Japon et d'autres pays de la région ont des contentieux territoriaux, mais continuera de courtiser les pays de l'Asean (Association des nations d'Asie du sud-est) pour les convaincre de resserrer le lien avec Tokyo.

"Il pourrait notamment mettre en avant la volonté du Japon de jouer un rôle plus actif en Asie en s'appuyant sur l'alliance politique et militaire avec les Etats-Unis", prédit Koichi Nakano, un professeur de science politique à l'université Sophia de Tokyo.

D'une certaine façon, M. Abe répondra au président chinois Xi Jinping qui le 21 mai avait, sans les nommer, clairement égratigné les Etats-Unis dans un discours où il avait condamné les alliances militaires en Asie, théâtre de tensions territoriales et région "pivot" de la géopolitique américaine.

Dans sa volonté de créer un front commun face à Pékin, Tokyo avait organisé en décembre dernier un sommet de l'Asean, avec à la clé 14 milliards d'euros de dons et prêts sur cinq ans aux dix pays membres: Birmanie, Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam.

Quatre pays membres - Brunei, Malaisie, Philippines et Vietnam - ont des différends territoriaux dans la mer de Chine méridionale que Pékin revendique quasiment en totalité.

Le conflit avec Hanoï s'est notoirement envenimé dernièrement, le Vietnam accusant un bateau chinois d'avoir fait couler un navire de pêche vietnamien, et Tokyo avait immédiatement qualifié l'incident d'"extrêmement grave"

Depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, Shinzo Abe a clairement exprimé ses vues nationalistes face à Pékin qui conteste vigoureusement au Japon un archipel inhabité en mer de Chine orientale: les Senkaku, appelées Diaoyu par le régime chinois.

Tout en répétant à l'envi que le Japon est résolument pacifique, Shinzo Abe a en parallèle donné des signes de sa détermination en augmentant le budget militaire (une première en 11 ans) et en souhaitant que le Japon puisse s'engager militairement aux côtés de pays alliés, ce que la Constitution pacifiste imposée en 1947 par le vainqueur américain interdit toujours.

Durant le sommet de Singapour, il devrait de nouveau appeler Pékin, selon l'agence de presse Kyodo, à respecter le droit international et à s'abstenir de toute action unilatérale dans les conflits territoriaux.

"Nous ne tolèrerons jamais le changement par la force des situations de statu quo", a-t-il d'ailleurs déclaré mardi au Wall Street Journal.

Mais, pour Koichi Nakano, Shinzo Abe doit être prudent dans sa volonté de rallier l'Asean à ses côtés: s'il insiste trop, ces pays auront l'impression qu'ils doivent impérativement faire un choix cornélien, soit Pékin, soit Tokyo.

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