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Chypre: la paix générerait 20 milliards d'euros de gains pour l'économie (étude)

29/05/2014 11:23 EDT | Actualisé 29/07/2014 05:12 EDT

Un accord de réconciliation entre le Nord et le Sud de Chypre générerait quelque 20 milliards d'euros de gains pour l'économie de l'île durement touchée par la récession, selon une étude publiée jeudi.

Une augmentation du revenu par habitant d'environ 12.000 euros, quelque 20 milliards d'euros de gains pour l'économie, et une hausse de 2,8 points en moyenne de la croissance du PIB réel pendant près de 20 ans: tel serait l'impact économique d'un accord de paix selon l'étude intitulée "Réexamen des bénéfices de la paix pour Chypre".

En outre, un accord éliminerait presque totalement la disparité de revenu entre les Chypriotes-turcs et les Chypriotes-grecs, plus aisés, ajoute l'étude menée par des économistes locaux et financée par des pays scandinaves.

Selon le rapport, les deux côtés de l'île en tireraient profit, grâce aux "bénéfices de l'ouverture du marché turc, de 74 millions de personnes, aux Chypriotes-grecs", et à "l'ouverture du marché européen, de 500 millions de personnes, aux Chypriotes-turcs".

Le PIB de l'île dans son intégralité passerait de près de 20 milliards d'euros en 2016 à presque 45 milliards en 2035, contre 25 milliards en 2035 sans accord de paix, souligne l'étude.

De même, la croissance économique moyenne serait de 4,5% pendant plus de 20 ans, contre 1,6% sans accord.

Chypre a frôlé la faillite en raison de son exposition à la crise grecque, et a dû accepter l'an dernier un plan de sauvetage européen en échange de coupes budgétaires, privatisations et la liquidation d'une de ses principales banques.

L'étude se base sur l'hypothèse d'un accord pour 2016 qui établirait, selon une déclaration commune des dirigeants Chypriote-grec et Chypriote-turc en février, "une fédération bi-communautaire et bi-zonale", "composée de deux Etats membres de statut égal".

Chypre est coupée en deux depuis l'invasion de la partie Nord par la Turquie en juillet 1974, en réaction à un coup d'Etat mené par des nationalistes chypriotes-grecs pour rattacher l'île à la Grèce.

Les discussions directes entre le Nord et le Sud, interrompues depuis 2012, ont repris en février sous l'égide des Nations unies et grâce à l'appui marqué de Washington.

Le vice-président américain Joe Biden, en visite la semaine dernière dans l'île, a souligné qu'elle "est appelée à devenir un acteur-clé" dans la région, en particulier en raison de la récente découverte de réserves de gaz naturel au large de l'île, dont l'exploitation est toutefois compliquée en raison de la division du pays.

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