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Soudan: l'UE préoccupée par les atteintes à la liberté d'expression

28/05/2014 01:10 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

L'Union européenne a exprimé mercredi sa "grande préoccupation" concernant les atteintes à la liberté d'expression au Soudan, depuis l'arrestation le 17 mai du leader d'opposition Sadek al-Mahdi, détenu pour avoir accusé une force paramilitaire d'exactions au Darfour.

Le président Omar el-Béchir, arrivé au pouvoir il y a 25 ans par un coup d'Etat alors que M. Mahdi était Premier ministre, avait appelé en janvier à un "dialogue national" pour répondre à la volonté de changement exprimée lors d'un important mouvement de contestation en septembre.

Un début de dialogue politique avait suivi, tandis que des partis tenaient des rassemblements, sans que le régime ne les réprime, et que la presse multipliait les informations faisant état d'affaires de corruption.

Mais ce début d'ouverture a été mis à mal par l'arrestation le 17 mai de M. Mahdi par le puissant Service national de renseignement et de sécurité (NISS), qui lui reproche d'avoir accusé une unité paramilitaire, les Rapid support forces, de viols et de violences contre les populations civiles au Darfour.

Depuis, Khartoum interdit aux médias d'enquêter et de publier des informations sur cette affaire.

Dans un communiqué, une délégation de l'Union européenne a appelé les parties à revenir au dialogue et à "s'abstenir d'actes ou de déclarations qui pourraient faire dérailler le processus".

"A cet égard, nous exprimons (notre) grande préoccupation concernant les récentes actions, en particulier les mesures imposant des limites à la liberté d'expression, d'association, de participation, d'assemblée et de religion", a-t-elle insisté la délégation dans un communiqué.

"L'arrestation et la détention du leader d'opposition Al-Sadiq al-Mahdi notamment risque d'avoir un effet négatif sur le processus de dialogue national", a-t-elle souligné.

"Nous appelons donc le gouvernement soudanais à continuer à oeuvrer en faveur de la paix, d'un dialogue national sérieux et d'un respect total des droits de l'Homme et des libertés politiques fondamentales", a ajouté la délégation.

Après l'arrestation de M. Mahdi, le parti d'opposition qu'il dirige, Oumma, a décidé de quitter le "dialogue national".

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