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Sommet sur la santé mère-enfant : la protection passe par la prévention de la violence

28/05/2014 08:50 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT
PC

TORONTO - L'amélioration de la santé des nouveau-nés et des mères dans les pays défavorisés doit aussi passer par la prévention de la violence, telle que celle causée par Boko Haram au Nigeria, a affirmé mercredi le chef de l'UNICEF, Anthony Lake, avant l'ouverture du sommet international sur la santé des mères et de leurs enfants.

En entrevue avec La Presse Canadienne, M. Lake a louangé le leadership du premier ministre Stephen Harper pour aider les mères et les enfants.

Il a aussi fait l'éloge du courage des jeunes filles kidnappées le mois dernier par le groupe extrémistes Boko Haram dans le nord du Nigeria.

M. Lake a aussi indiqué qu'il soulèverait ses inquiétudes sur la protection des enfants durant une rencontre privée avec le ministre du Développement international, Christian Paradis, qu'il dit enthousiaste sur cet enjeu.

Le sommet «Sauvons chaque femme, chaque enfant: un objectif à notre portée» a été inauguré à Toronto par M. Harper, qui a été joint par le président de la Tanzanie, Jakaya Kikwete pour une période de questions rédigée d'avance.

M. Harper a affirmé que plusieurs des mesures qui pouvaient être prises pour améliorer la santé des mères et des enfants étaient peu coûteuses et connues des professionnels de la santé.

«Aujourd'hui, nous savons plus que jamais comment sauver la vie de femmes et d'enfants à risque dans les pays en développement. Nous avons appris d'importantes leçons sur l'amélioration de la vaccination et de la nutrition, sur le renforcement des systèmes de santé, et sur l'importance d'assurer la collecte et la mise à jour de statistiques de l'état civil, notamment en ce qui a trait à l'enregistrement des naissances et des décès, a déclaré le premier ministre canadien.

«Nous avons appris qu'aucun pays ne peut agir seul, et nous avons également compris la nécessité du leadership politique, des engagements de financement, de la reddition de comptes et de l'établissement de nouveaux partenariats audacieux et novateurs», a ajouté M. Harper.

MM. Harper et Kikwete ont été nommés co-présidents de la commission de l'ONU sur l'imputabilité de la santé des femmes et des enfants, à l'automne 2010, quelques mois suivant le sommet du G8, où M. Harper avait dévoilé l'Initiative de Muskoka pour la santé maternelle, néonatale et infantile.

Ottawa y a consacré 2,8 milliards $ au cours des cinq dernières années et une coalition d'agences canadiennes demande que ce soit montant passe à 3,25 milliards $.

M. Harper doit livrer une importante annonce liée à du financement jeudi, un sujet dont il a parlé lors de la discussion.

«Le message que je vais présenter est le suivant: si nous avons réussi à faire de telles choses en 2009 et 2010, pendant la pire période de l'économie mondiale et la gestion de la majorité de nos budgets nationaux, nous pouvons sûrement le faire dans l'avenir.»

Lors d'un événement distinct à l'hôpital pour enfants malades de Toronto, le gouvernement a annoncé une contribution de 98 millions $ au programme d'alimentation mondiale de l'ONU, un domaine stratégique dans le programme du Canada sur la santé des mères et des enfants.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, la reine Rania de Jordanie, l'Aga Khan et la philanthrope Melinda Gates s'exprimeront durant le sommet de trois jours à Toronto.la viol

Selon M. Lake, toutefois, il faut aussi s'attaquer au fait que tant d'enfants et de jeunes mères soient exposés à de violents conflits.

«Nous comprenons de plus en plus, oui, que le problème est dû à la santé et l'alimentation — et le Canada, soit dit en passant, a été en tête en matière d'alimentation —, mais il touche aussi à la protection et la violence», a-t-il fait valoir.

L'enlèvement au Nigeria de quelque 300 écolières attire l'attention sur l'une des causes sous-jacentes de la menace à la santé des mères dans les pays défavorisés et ravagés par la guerre: la menace à l'éducation des filles par les groupes militants.

«Les mots me manquent presque pour exprimer à quel point je crois que c'est important», a-t-il lancé.

«Ce ne sont pas des victimes. Ce sont des gens qui agissent avec plus de courage que je ne le pense et que je pourrais probablement rassembler dans des circonstances terribles. Nous ne devrions pas dire, de facon condescendante, que nous les sauvons. Nous les supportons.»