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Nucléaire: le gouvernement japonais veut nommer deux membres plus "dociles" à l'autorité de sûreté

28/05/2014 04:49 EDT | Actualisé 27/07/2014 05:12 EDT

Le gouvernement japonais veut remplacer deux dirigeants de l'autorité de sûreté nucléaire en fin de mandat, un mouvement dénoncé par des anti-nucléaires comme une volonté de relancer à tout prix des réacteurs sur l'archipel.

L'administration du Premier ministre de droite Shinzo Abe a fait part de cette intention à des membres du parlement, a indiqué mercredi un officiel de l'Autorité de régulation nucléaire (NRA). Ces deux responsables font partie du comité directeur de cinq membres qui pilote la NRA.

"Il s'agit d'une tentative flagrante d'accélérer le redémarrage de centrales nucléaires", a déclaré à l'AFP Hajime Matsukubo, le porte-parole de l'ONG anti-nucléaire "Centre d'information nucléaire des citoyens".

Aujourd'hui, la totalité du parc de 48 réacteurs nucléaires est à l'arrêt au Japon, par mesure de sécurité suite à l'accident de Fukushima en mars 2011.

Créée dans la foulée de cette catastrophe, la NRA s'est montrée beaucoup plus intransigeante sur les normes de sécurité que ses prédécesseurs, contrecarrant ainsi les ardeurs du Premier ministre à relancer des réacteurs le plus vite possible. M. Abe aimerait un redémarrage rapide de certaines tranches pour alléger la facture des importations énergétiques (pétrole et gaz) qui plombent la balance commerciale du Japon.

La NRA n'a pas le pouvoir d'autoriser le redémarrage de réacteurs, c'est une décision qui appartient conjointement au gouvernement et aux instances politiques locales, mais sans sa certification de sûreté, aucun ne peut être relancé.

L'un des dirigeants dont l'administration Abe souhaite le départ est Kunihiko Shimizu, un sismologue qui n'a jamais été très chaud pour redémarrer des unités, en raison de risques sismiques. Il a ainsi déclaré par le passé qu'au moins deux réacteurs se trouvaient sur des failles géologiques actives.

Du coup il s'est attiré les critiques de certains membres du Parti Libéral-Démocrate (PLD au pouvoir), traditionnellement en phase avec le puissant lobby de l'industrie nucléaire.

Le mandat de M. Shimizu expire en novembre, tout comme celui de Kenzo Oshima, un ancien secrétaire général adjoint de l'ONU, et le gouvernement n'a pas l'intention de renouveler leurs mandats, a indiqué un responsable de la NRA, comptant les remplacer par un expert nucléaire, Satoru Tanaka, et un géologue, Akira Ishiwatari.

Pour M. Tanaka, le nucléaire doit impérativement faire partie du bouquet énergétique futur du Japon, M.Ishiwatari étant apparemment plus neutre à ce sujet.

Le secrétaire général du gouvernement, Yoshihide Suga, a défendu mardi ces choix en estimant que les deux personnes étaient "les meilleurs candidats pour assumer leurs responsabilités en toute indépendance".

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