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Niger: une homme écope de 4 ans de prison pour "pratique esclavagiste" (ONG)

28/05/2014 06:27 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Un homme âgé de 63 ans, a été condamné lundi à 4 ans de prison par un tribunal dans l'ouest du Niger, pour avoir pris "une femme esclave comme cinquième épouse", a indiqué mercredi à l'AFP une ONG nigérienne.

Ehadj Djadi a également écopé d'une amende de 500.000 francs CFA (763 euros), a affirmé à l'AFP, Ali Bouzou, secrétaire général de Timidria, une ONG nigérienne, une spécialisée dans la lutte contre l'esclavage.

Les faits remontent à 2008, lorsque M. Djadi avait "acheté à 200.000 FCFA" (300 euros) une jeune femme du nom de Ramatou Garba vivant dans un village d'Iléla, une localité de la région de Tahoua, dans l'ouest du Niger, a raconté M. Bouzou.

"L'homme en a ensuite fait sa cinquième épouse, ce qui est assimilable à une pratique esclavagiste", a-t-il poursuivi.

Ce type de mariage n'a aucune légitimité. L'épouse subit souvent viols, injures ou travaux forcés.

Assistée par les avocats de Timidira, Ramatou Garba avait porté plainte auprès du tribunal de Birni-Konni, un département de Tahoua, a-t-il expliqué.

"Les faits se sont déroulés dans une zone appelée +triangle de la honte+, où les pratiques esclavagistes ont encore la vie dure", a dénoncé Ali Bouzou.

La jeune femme aujourd'hui âgée de 27 ans vit actuellement chez son mari avec qui elle a eu un enfant, selon M. Bouzou, qui a salué la "volonté judiciaire de combattre ces pratiques esclavagistes".

Depuis 2003, l'esclavage et les pratiques qui lui sont assimilées ont été érigé en "crimes" passibles de 10 à 30 ans de prison au Niger.

Les pratiques esclavagistes sont toujours en vogue dans plusieurs région du Niger, selon Timidria et les autorités nigériennes.

En 2008, la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 Etats) avait condamné l'Etat du Niger, reconnu "responsable de l'inaction de ses services administratifs et judiciaires", à verser 10 millions de FCFA (15.000 euros) pour préjudices causés à Hadiza Mani Koraou, une jeune nigérienne qui avait été victime d'esclavage dans la zone de Birni-Konni.

Agée de 24 ans lors du procès, Hadiza Mani Koraou avait été vendue à l'âge de 12 ans par un esclavagiste touareg.

Elle était soutenue par Timidria et l'ONG britannique "Anti-slavery international" qui avaient en vain saisi les tribunaux locaux.

Créée en 1991, Timidria, qui signifie "Fraternité, solidarité" dans la langue touareg, est la seule ONG nigérienne spécialisée dans la lutte contre l'esclavage.

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