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La Chine lance une offensive contre les "rumeurs" sur le service de messagerie WeChat

28/05/2014 04:03 EDT | Actualisé 27/07/2014 05:12 EDT

Les autorités chinoises ont lancé une campagne de répression contre les propagateurs de "rumeurs" sur WeChat, une application mobile de messagerie instantanée très populaire en Chine, a indiqué mercredi un média d'Etat.

Cette campagne, prévue pour durer un mois, fait suite à une opération similaire menée l'an dernier sur la plateforme de microblogs Weibo, équivalent chinois de Twitter, où le contenu des posts est surveillé de près et sur lequel la diffusion de "fausses informations" est passible de lourdes peines.

L'emprise accrue des censeurs sur Weibo lui a fait perdre un peu de sa popularité, au détriment de WeChat -- application téléphonique du géant chinois de l'internet Tencent, qui permet de communiquer messages texte, photo ou vocaux à un cercle plus restreint de contacts, sans les rendre accessibles publiquement.

Le service compte aujourd'hui 396 millions d'usagers actifs sur une base mensuelle, soit bien davantage que les 144 millions revendiqués par Sina Weibo.

Alors qu'il permet de partager des messages avec un maximum de 500 personnes, WeChat est désormais lui aussi dans le collimateur des autorités, ont indiqué mercredi le China Daily et l'agence Chine nouvelle.

De telles conversations en mode "privé" sur WeChat "représentent un défi dans la lutte contre la diffusion de rumeurs et contenus jugés nocifs", a souligné un responsable du Bureau d'Etat de l'information sur internet (SIIO), cité par le China Daily.

Cette campagne s'attaquera notamment aux comptes WeChat "diffusant des rumeurs et informations relatives aux violences, au terrorisme et à la pornographie", catégories aux définitions très larges en Chine, mais les autorités s'en prendront également "à ceux qui utilisent les messageries instantanées à des fins d'escroquerie", a précisé Chine nouvelle, citant une déclaration du SIIO.

Ce nouveau tour de vis intervient après une série d'attentats meurtriers au Xinjiang -- qui ont conduit Pékin à dénoncer la responsabilité de vidéos sur internet "incitant à la violence" --, et peu de temps avant le 25e anniversaire de la répression dans le sang du mouvement étudiant prodémocratie de 1989, sujet tabou pour le régime.

Selon des mesures adoptées en septembre, les internautes chinois risquent déjà jusqu'à trois ans de prison s'ils ont mis en ligne des messages jugés diffamatoires re-postés plus de 500 fois ou consultés plus de 5.000 fois.

Notamment miné par ce durcissement de la censure, les sites de microblogs chinois, dont Weibo, ont enregistré l'an dernier un recul de 9% de leur nombre d'utilisateurs actifs, selon un centre de recherches semi-officiel dans un rapport publié en janvier. Et parmi ceux qui ont réduit leur usage des microblogs, 37% se sont tournés vers WeChat, selon ce rapport.

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