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France : un septuagénaire malien condamné à dix ans de prison pour le viol d'une enfant, tombée enceinte

28/05/2014 03:08 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Un conteur malien de 70 ans a été condamné à dix ans de prison par la justice française pour avoir violé à une trentaine de reprises sa petite voisine, dont il a eu un enfant lorsqu'elle avait entre 10 et 13 ans.

Les juges de la Cour d'assises de Melun, dans la région parisienne, ont été au-delà des réquisitions du parquet, qui avait demandé une condamnation à sept ans de prison.

"Il n'y a aucun doute sur le rapport sexuel puisqu'il y a un bébé", dont les tests ADN ont prouvé qu'Hamadoun Tandina, âgé de 68 ans au moment des faits, était bien le père, avait déclaré l'avocat général François Camard. L'accusé encourait une peine de 20 ans d'emprisonnement.

La jeune victime, aujourd'hui au collège, se rendait régulièrement chez M. Tandina, l'un de ses voisins, conteur dans plusieurs centres culturels et qui s'est notamment produit au musée parisien du quai Branly. Il l'a violée chez lui à de nombreuses reprises, entre ses 10 et ses 13 ans.

C'était finalement sa mère qui avait découvert la grossesse, quasiment à son terme, un matin où sa fille était dans la salle de bains, s'apprêtant à partir à l'école.

Faisant preuve d'un grand aplomb, la jeune fille avait impressionné la cour d'assises en décrivant les viols, soutenant pendant tout le procès le regard de son agresseur, qui niait jusqu'à l'absurde.

"J'ai vraiment de la haine pour lui, il me dégoûte", avait-elle déclaré, baskets aux pieds et portant de longues tresses. Elle était arrivée en France à 10 ans en provenance de la République démocratique du Congo.

C'est lorsqu'elle évoque sa vie d'aujourd'hui, maman trop jeune qui jongle entre les révisions pour son premier diplôme scolaire dans un mois, le pouponnage et les rendez-vous chez le psy, que la victime lâche un sanglot. "Je ne peux plus faire comme les autres. Je peux plus sortir, je dois faire mes devoirs mais je n'ai plus beaucoup de temps, j'ai un fils à gérer."

Décrivant une victime sous "l'emprise" psychologique d'un homme qui se présentait dans son quartier comme "un sage", "un homme de bien", l'avocat général a souligné qu'elle était convaincue qu'il la tuerait si elle le dénonçait.

De son côté, l'avocate de M. Tandina, Me Clarisse Scialom, reconnaissant que ce n'était "pas une mince affaire" de défendre cet homme, a souligné le caractère "bancal" du dossier et plaidé l'acquittement.

Elle a notamment émis des réserves quant à l'âge réel de la victime, née pendant la guerre en République démocratique du Congo, et a assuré qu'il y avait un "doute" sur le fait que les relations sexuelles n'étaient pas consenties.

M. Tandina avait jusqu'à présent un casier judiciaire vierge et l'enquête n'a pas permis de découvrir d'autres victimes.

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