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Expulsions vers la RDC : Brazzaville s'indigne des remontrances de l'ONU

28/05/2014 01:38 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Les autorités de Brazzaville se sont indignées mercredi des remontrances de l'ONU, qui a sévèrement critiqué la façon dont elles ont expulsé des dizaines de milliers de ressortissants de la République démocratique du Congo voisine.

"La République du Congo est surprise par ces déclarations grossières", a déclaré le ministre de la Communication, Bienvenu Okiemy, en réponse aux critiques du chef de la Mission de l'ONU en RDC, Martin Kobler, et de la représentante spéciale des Nations unies sur la violence sexuelle dans les conflits armés, Zainab Bangura.

"M. Kobler, qui n'est ni coordonnateur des institutions de l'ONU, ni proconsul au Congo, aurait été inspiré de vérifier ses allégations auprès de ses collègues accrédités à Brazzaville, lesquels ont été associés aux opérations d'assistance humanitaire organisées à Brazzaville", a-t-il ajouté dans une déclaration à la télévision nationale.

Dans un communiqué publié lundi, M. Kobler et Mme Bangura, ont exigé des autorités de Brazzaville qu'elles "cessent immédiatement les expulsions de ressortissants de la RDC".

Ces expulsions, estime l'ONU, "sont à l'origine d'une grave crise humanitaire. Relevant des "allégations selon lesquelles elles se seraient accompagnées" de violences physiques, mauvais traitements et violences sexuelles,

M. Kobler et Mme Bangura ont exhorté Brazzaville "à enquêter sur ces incidents".

Brazzaville a commencé à expulser des ressortissants de RDC avec le lancement, le 4 avril, d'une grande opération policière destinée à combattre une montée du banditisme imputée aux étrangers en situation irrégulière.

Mais selon plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme et témoignages recueillis par l'AFP, l'opération a rapidement dégénéré en une chasse violente aux "Zaïrois" (le Zaïre est l'ancien nom de la RDC), en règle ou pas, parfois avec le concours ou le soutien de la population locale.

Face à la violence de la police et à la montée d'une hostilité manifeste de la population brazzavilloise, des dizaines de milliers de ressortissants de RDC sont rentrés dans leur pays d'origine en urgence, abandonnant souvent tout sur place.

Brazzaville affirme avoir interpellé et renvoyé 2.000 ressortissants de la RDC et argue que les autres ont traversé volontairement le fleuve Congo, frontière naturelle entre Brazzaville et Kinshasa.

Les deux capitales s'accordent pour dire qu'au total environ 130.000 citoyens de RDC sont rentrés au pays depuis le début du mois d'avril. Selon Kinshasa, le flux des retours a nettement diminué depuis une dizaine de jours.

Selon M. Okiemy, plus de 400.000 ressortissants de la RDC vivent encore au Congo. La plupart exercent des métiers peu qualifiés.

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