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Chine: procès collectif dans un stade du Xinjiang pour des "terroristes" et meurtriers

28/05/2014 06:17 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Les autorités chinoises ont exhibé 55 personnes, accusées notamment de "terrorisme", dans un stade du Xinjiang où des juges ont prononcé trois condamnations à mort, selon la presse officielle, alors que débute une campagne de répression contre les violences dans cette région à dominante musulmane.

Devant 7.000 personnes, dont les responsables locaux du Parti communiste, cette "réunion de masse" dans la préfecture d'Ili était destinée à "annoncer des verdicts, des arrestations et des peines de réclusion criminelle, et à châtier selon la loi un groupe de criminels terroristes violents", a rapporté l'agence Chine nouvelle.

Les peines prononcées par les juges devant la foule concernaient des affaires de meurtre, de "séparatisme", de "participation à une entreprise terroriste", ainsi que des affaires de viol et d'hébergement de criminels, selon l'agence d'Etat.

Trois personnes ont été condamnées à mort pour avoir tué à la hache une famille de quatre personnes l'an dernier, "usant de méthodes extrêmement cruelles", a-t-elle ajouté, sans préciser si l'affaire était liée à des faits de nature terroriste.

La police a annoncé de son côté à la foule l'inculpation de 38 suspects et la détention de 27 autres.

Des photos montraient les accusés présentés à la foule à l'arrière d'un camion, portant des vestes orange fluo et la tête penchée, maintenue vers le sol par des membres casqués des forces de sécurité.

L'événement était organisé pour "montrer la détermination résolue des autorités à réprimer les +trois forces+ du terrorisme violent", a indiqué le chef adjoint du Parti communiste local, cité par l'agence, faisant allusion au séparatisme --la volonté d'indépendance d'une frange de la population ouïghoure, des musulmans turcophones représentant la principale ethnie du Xinjiang--, à l'extrémisme religieux et au terrorisme.

"Les coupables ne s'échapperont pas", a ajouté ce responsable local, appelant les fauteurs de troubles à "se rendre aux autorités et confesser (leurs) crimes".

Destinés à faire impression sur la population, les procès collectifs dans les stades ont commencé dans les années 1950 et se sont poursuivis jusque dans les années 1990, avant que cette justice-spectacle ne disparaisse.

Pékin a annoncé le week-end dernier le lancement d'une campagne de répression d'un an contre le terrorisme après une série d'attentats sanglants attribués à des radicaux du Xinjiang.

Le dernier en date, perpétré jeudi sur un marché de la capitale régionale Urumqi, a fait 39 morts et 90 blessés, ce qui en fait l'attaque la plus meurtrière depuis des années.

La campagne sécuritaire en cours s'est traduite par l'arrestation de 200 personnes le mois dernier au Xinjiang et le déploiement sans précédent de patrouilles de police dans les grandes villes du pays.

Chine nouvelle a par ailleurs rapporté qu'un haut responsable d'Ili, la même préfecture où se sont tenus les procès en plein stade, avait été récemment placé sous enquête pour son "attitude équivoque à l'égard des incidents terroristes violents".

Cet officiel ouïghour, Batur Duwamet, directeur-adjoint du Bureau des affaires générales du gouvernement local, a "exprimé en public des vues non conformes avec les politiques locales relatives aux affaires ethniques", a précisé de son côté le quotidien officiel Global Times.

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