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Birmanie: l'opposition défie les mises en garde sur la réforme de la Constitution

28/05/2014 10:21 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Le parti de la chef de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi a lancé une pétition pour réclamer l'amendement de la Constitution controversée rédigée par l'ancienne junte, malgré des mises en garde officielles, a indiqué mercredi un porte-parole.

La prix Nobel de la paix, libérée de résidence surveillée en 2010, se bat depuis qu'elle est devenue députée en 2012 pour le changement de cette Constitution qui l'empêche de devenir présidente et octroie d'importants pouvoir aux militaires.

"Notre campagne de signatures a fait des progrès depuis que nous avons commencé. Nous avons subi quelques interférences, quelques policiers sont venus nous demander de leur donner la liste", a déclaré à l'AFP Nyan Win, porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

Le parti de Suu Kyi, soutenu par d'autres militants pour la démocratie, a commencé mardi à récolter des signatures à travers le pays.

Suu Kyi a clairement fait savoir qu'elle visait le poste de président qui sera octroyé par le Parlement à l'issue des législatives de 2015, qui seront un test pour la démocratisation du pays.

Mais cela nécessiterait le soutien de l'armée, tout amendement de la Constitution nécessitant plus de 75% des voix au Parlement.

La Constitution controversée de 2008 interdit en effet à un Birman marié à un étranger ou ayant des enfants étrangers de devenir président. Et Suu Kyi était mariée à un Britannique aujourd'hui décédé et a deux enfants titulaires de passeports étrangers.

Le texte octroie également des pouvoirs considérables à l'armée, avec notamment un quart des sièges du Parlement réservés aux militaires d'active.

Plus tôt au mois de mai, Suu Kyi avait demandé devant une foule de partisans aux militaires, hauts placés ou simples soldats, de soutenir la pétition.

Mais la commission électorale l'a mise en garde, lui demandant de changer la façon dont elle parle des militaires siégeant au parlement.

"Des mots appelant (et disant) +je vous défie+ ou autre chose vont au delà de la limite permise par la Constitution", a-t-elle souligné dans une lettre.

Depuis la dissolution de la junte en 2011, le gouvernement quasi civil du président Thein Sein a multiplié les réformes, permettant la levée de presque toutes les sanctions occidentales.

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