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Comores: le jugement de l'accident de Yemenia fixé au 25 novembre

27/05/2014 03:28 EDT | Actualisé 27/07/2014 05:12 EDT

Le Tribunal de première instance (TPI) de Moroni a fixé au 25 novembre son délibéré sur l'affaire du crash de l'Airbus A310 de Yemenia Airlines qui s'est abîmé dans la nuit du 29 juin 2009 dans les eaux comoriennes, faisant 152 morts.

"Je suis satisfait que le tribunal ait pris le temps pour examiner le dossier (...), savoir qui doit être indemnisé, et le montant à indemniser", a déclaré à l'AFP Jean-Pierre Gauthier, avocat de la compagnie yéménite.

L'audience de mardi, concernant les ayant-droits de la trentaine de victimes non françaises, devait établir la responsabilité civile de la compagnie yéménite dans ce crash et fixer les dédommagements de leurs familles.

Selon Yann Prévost, l'un des quatre avocats des familles des victimes venus de Paris et de Marseille, Yemenia Airlines "n'a pas assuré la formation de ses pilotes pour pouvoir atterrir à Moroni".

"Yemenia a mis dans un avion un équipage qui ne pouvait effectuer que 50% des conditions d'atterrissage, et qui n'a pas respecté les consignes d'atterrissage, c'est une faute inexcusable", a renchéri son collègue Jean-Pierre Bellecave.

Les avocats des familles se sont succédés à la barre pour dénoncer "la mauvaise foi" de Yemenia Airlines, et son comportement consistant à "faire traîner le procès en longueur", sous-entendant des gros enjeux financiers en jeu.

Dans sa plaidoirie, Me Gauthier a répondu qu'il faut beaucoup de temps pour établir les causes exactes de l'accident, Yemenia Airlines --qui a perdu onze membres d'équipage--, n'ayant "pas vocation à tirer d'un drame humain un enrichissement personnel",

"L'indemnisation sera intégrale. L'indemnisation, oui. L'enrichissement, non!", s'est-il exclamé.

Publié en juin 2012, le rapport d'enquête établi par une commission composée de représentants des Comores, du Yémen, de la France, et des Etats-Unis, avait conclu à une erreur de pilotage, expliquant que l'accident était "dû à une action inadaptée de l'équipage" au cours d'"une manoeuvre non stabilisée". Des conclusions que les autorités yéménites avaient rejetées, mettant en avant l'expérience de l'équipage.

L'accident du vol Sanaa-Moroni de Yemenia avait fait 152 morts --des ressortissants comoriens en majorité-- dont les 11 membres d'équipage. Une jeune fille âgée de 13 ans au moment du drame avait survécu.

am/liu/sba

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