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Un réseau de religieuses catholiques veut lutter contre la traite

20/05/2014 07:57 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

Un réseau international de religieuses catholiques a annoncé mardi une campagne au Brésil où se jouera le Mondial de football pour lutter contre la traite des jeunes qui sont attirés par des emplois provisoires et se retrouvent livrés à la prostitution.

Soeur Estrella Castalone, coordinatrice du réseau "Talitha Kum" (formule qui vient de l'Evangile: "petite fille, lève-toi"), a présenté cette initiative qui a déjà débuté début mai dans les douze villes accueillant la Coupe du Monde (12 juin-13 juillet). Le slogan en est: "Jogue a favor da vida, denuncie o trafico de pessoas" ("Joue en faveur de la vie, dénonce la traite").

250 religieux et religieuses sont engagés sur le terrain en coordination avec des partenaires laïcs.

A l'occasion de manifestations comme un championnat du monde, "beaucoup de personnes, a relevé Soeur Estrella, sont recrutées pour travailler dans l'industrie du tourisme -- hôtels, bars, restaurants, transport de marchandises et de personnes".

"Les offres sont si nombreuses qu'on assiste à un flux de personnes provenant des pays limitrophes, disposées à quitter leurs zones rurales pour les villes accueillant les matches. Ceux qui acceptent les offres peuvent être trompées et devenir victimes de diverses exploitations", a-t-elle ajouté.

Le pape François dénonce régulièrement la traite des personnes, qui, selon certains experts, dépasserait pour l'ensemble de ses bénéfices, le trafic de drogue.

Les organisateurs de "Talitha Kum" ont souligné que le gouvernement brésilien était engagé à lutter contre la prostitution des mineurs, une nouvelle loi en faisant un crime grave. Mais elle n'est pas appliquée partout, notamment dans des zones lointaines comme l'Amazonie, et la loi du silence continue à prévaloir.

En outre, l'exploitation de mineurs dans les lieux touristiques pour étrangers (notamment les villes du Mondial) y est très étendue.

Certaines jeunes filles sont enlevées, d'autres attirées par la perspective de gains. Certaines venues de la campagne, une fois sur place, sont retenues par l'attrait de l'accès aux produits de consommation. Certains parents reçoivent des cadeaux -par exemple un poste de télévision--- en l'échange du départ du fils ou de la fille, à qui est promis une meilleure éducation.

Carmen Sammut, présidente de l'Union internationale des supérieures générales (UISG), a mis en garde les responsables de la FIFA: "Nous devons rendre conscients les gens de ce qui arrive en marge de grands évènements comme la Coupe du monde. Sans cette conscience, sans agir ensemble pour la dignité humaine, les finales seront une terrible honte au lieu d'être une fête pour l'humanité".

Selon Soeur Gabriella Bottani, coordinatrice pour le Brésil, les coupes en Allemagne et en Afrique du Sud ont montré une augmentation des cas de traite à hauteur de 30% et de 40%.

"Talitha Kum" comprend 24 réseaux dans 79 pays, avec plus de 800 religieux et religieuses impliquées.

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