POLITIQUE

Rentrée parlementaire à Québec: Julie Boulet choisit de prendre des vacances

20/05/2014 11:21 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT
CEIC

QUÉBEC - Des vacances impromptues de la députée Julie Boulet et des échos du plaidoyer de culpabilité de l'ex-ministre libéral Tony Tomassi ont fait de l'ombre, mardi, sur la rentrée parlementaire du premier ministre Philippe Couillard, qui a profité de l'occasion pour prendre ses distances du terme austérité.

Les travaux ont repris avec l'élection de Jacques Chagnon à la présidence de l'Assemblée nationale, un poste qu'il occupait avant la dissolution de la Chambre pour le déclenchement de la campagne électorale, en mars.

Les députés des quatre partis représentés sur la colline parlementaire ont retrouvé leur place au Salon bleu, à l'exception notable de Mme Boulet, dont le bureau de circonscription a confirmé l'absence au moins pour cette semaine.

Juste avant une réunion de son caucus, M. Couillard a été incapable de préciser la durée de l'absence de Mme Boulet, qu'il a lui-même contredit la semaine dernière après son témoignage devant la Commission Charbonneau.

«Non, je ne le sais pas, a-t-il dit aux journalistes qui le questionnaient à ce sujet. Elle a décidé de prendre quelques jours de repos. Je ne peux pas vous dire actuellement la date de son retour.»

Devant la commission sur la construction présidée par la juge France Charbonneau, Mme Boulet a soutenu la semaine dernière qu'elle ne connaissait pas les objectifs de financement qui étaient imposés aux ministres libéraux.

Comme d'autres membres du caucus libéral, jeudi, M. Couillard a soutenu que tous les ministres savaient que l'objectif à atteindre était de 100 000 $, alors que Jean Charest était chef du gouvernement.

En contredisant ainsi sa députée, qui s'était plainte avant son témoignage de ne pas avoir accédé au conseil des ministres, M. Couillard avait assuré qu'elle avait toujours sa place au sein du caucus libéral.

Au bureau de Mme Boulet, dans la circonscription de Laviolette, la conseillère Amina Chaffaï a été incapable de dire quand Mme Boulet a décidé de s'absenter.

«Elle est en vacances cette semaine, a-t-elle dit lors d'une entrevue téléphonique. (...) Elle n'est pas ici aujourd'hui et elle ne sera pas en Chambre non plus.»

La conseillère politique a affirmé qu'elle saura la semaine prochaine si Mme Boulet sera présente à l'Assemblée nationale.

«On va avoir cette information là au fur et à mesure, au cours de la semaine, ou la semaine prochaine, mais pour l'instant je n'ai pas cette information-là du tout et pour être bien sincère, je ne le sais pas», a-t-elle dit.

Le whip en chef du gouvernement, Stéphane Billette, a déclaré que l'absence de Mme Boulet était normale dans les circonstances.

«C'est tout à fait quelque chose de normal aussi, a-t-il dit. La semaine dernière, je pense qu'on l'a vu, elle a été très interpellée.»

M. Couillard, qui avait quitté la politique en 2008 pour revenir quatre ans plus tard, est demeuré réservé concernant la décision de l'ex-ministre de la Famille, Tony Tomassi, de plaider coupable à des accusations de fraude, une décision annoncée au palais de justice de Québec mardi.

«Je n'ai pas de commentaires à faire sur les délibérations des tribunaux, la cour fera son travail, la justice, le système judiciaire suivra son cours», a-t-il dit à propos de la décision de son ancien collègue.

En 2010, M. Charest avait chassé M. Tomassi du caucus libéral, quand il a appris qu'il utilisait une carte de crédit au nom d'une entreprise appartenant à un homme d'affaires controversé. L'année suivante, M. Tomassi avait été accusé de fraude et d'abus de confiance.

Alors que le gouvernement cherche actuellement 3,7 milliards $ pour atteindre les objectifs de retour à l'équilibre budgétaire, M. Couillard a pris ses distances du terme austérité, au cours d'un échange avec la presse parlementaire.

«Il y a la rigueur budgétaire, j'aime mieux utiliser ce terme, a-t-il dit. L'austérité, ça conjure (sic) plein d'images très négatives qu'on veut justement éviter. (...) Plutôt que de l'austérité, on veut être le gouvernement de la vérité et de la réalité. Quelle est la réalité des finances publiques?»

À la veille de la présentation, mercredi, d'un discours inaugural où il exposera ses politiques, M. Couillard a jugé que la nécessité de la rigueur budgétaire a été mal expliquée par ses prédécesseurs.

«La vérité est dure mais il faut la dire, a-t-il dit. Il faut surtout dire aux gens pourquoi on doit faire ça. Ce que je trouve qui a beaucoup manqué au cours des dernières années ici et ailleurs dans le discours qui parle de restrictions budgétaires ou de rigueur, c'est d'aller au-delà. Pourquoi on fait ça? Ce n'est pas un exercice stérile, couper pour couper. Ce n'est pas ça, c'est pour redonner au Québec sa liberté de choix et sa marge de manoeuvre.»

M. Couillard a affirmé que son objectif était notamment d'assurer la pérennité du modèle québécois, qui favorise l'affirmation du caractère spécifique du Québec comme société plus équitable en Amérique du Nord.

«Ce qu'il faut, c'est assurer la pérennité de ce modèle compte tenu du niveau de création de prospérité qu'on a au Québec, compte tenu de notre fiscalité et de notre endettement, a-t-il dit. C'est ça qui est le grand défi.»

À quelques jours du dépôt de son premier budget, le ministre des Finances, Carlos Leitao, a affirmé qu'il demeure optimiste d'obtenir qu'Ottawa partage sa marge de manoeuvre avec les provinces en maintenant le régime des transferts dans sa forme actuelle.

«C'est un sujet qui n'est pas fermé donc s'il n'est pas fermé, logiquement, il est ouvert», a-t-il dit.

La semaine dernière, dans une entrevue, M. Leitao avait affirmé qu'à défaut d'un ménage dans les finances publiques, le Québec se retrouverait dans la situation de la Grèce ou du Portugal dans un horizon qu'il a situé d'ici cinq ans, ce qui lui a valu des flèches de l'opposition péquiste.

Le chef intérimaire Stéphane Bédard a accusé M. Leitao de tenir des propos alarmistes.

«Il y a neuf ans d'années libérales en arrière de ça, je les invite à garder leur calme», a-t-il dit.

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