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Le réalisateur chinois Jia Zhangke conte ses démêlés avec la censure

20/05/2014 10:51 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

Le réalisateur chinois Jia Zhangke, membre du jury du 67e festival de Cannes, continue de se battre avec les autorités de la censure de son pays pour que ses films y soient vus, a-t-il confié dans un entretien avec l'AFP.

"Aucun réalisateur ne peut renoncer au droit et à la possibilité de montrer son film dans son pays. Je dois passer beaucoup de temps et faire preuve de beaucoup de patience pour continuer de parler avec eux", dit-il.

Applaudi par la critique internationale, "Touch of Sin" (un soupçon de péché), un film sur les réalités de la Chine d'aujourd'hui qu'il a tourné en 2013, n'a toujours pas pu être vu par le public chinois.

Le réalisateur, qui n'a pas le droit de parler des délibérations du jury de Cannes tant que le palmarès n'est pas annoncé samedi, explique rester en contact étroit avec les autorités. "Ce n'est pas de la coopération, c'est une forme de contact".

"Vous connaissez le tai chi? Ce n'est que lorsque vous entrez en contact avec votre adversaire qu'il ou elle sent votre force", dit-il, évoquant cet art martial basé sur des mouvements lents et contrôlés.

"A Touch of Sin" dépeint une société chinoise secouée par les changements, où règnent les officiels corrompus, les délinquants et les patrons avides de Hong Kong et Taïwan.

Le scénario du film, qui avait concouru l'an dernier à Cannes, avait été initialement approuvé par le régime de Pékin, et Jia espérait pouvoir le sortir en novembre.

Mais la censure a reculé et Jia attend toujours. "Nous sommes toujours en discussion, mais il n'y a pas beaucoup de progrès", dit Jia.

Il espère que son prochain projet aura plus de chance, un film dont le titre anglais est "Mountains May Depart" (Les montagnes pourraient partir). Il compte le tourner en Chine et en Australie, une première pour ce réalisateur qui n'a jamais tourné hors de son pays.

Ce film débutera en 1999, quand un mineur tombe amoureux mais se voit préférer le propriétaire de la mine.

Quinze ans plus tard, très malade, le mineur cherche à revoir la femme de sa vie. Celle-ci a divorcé mais son mari a émigré en Australie avec leur jeune fils.

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