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Le gaz russe qui n'irait plus vers l'UE peut être réorienté vers la Chine (Medvedev)

20/05/2014 01:56 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a admis mardi la "possibilité théorique" d'une réorientation vers la Chine des exportations de gaz russe qui n'iraient plus vers l'Europe, dans un entretien publié alors que le président Vladimir Poutine est à Shanghai.

"Si l'on envisage le pire, de manière purement théorique le gaz qui ne serait pas livré en Europe peut être envoyé (...) en Chine", a déclaré M. Medvedev dans cet entretien à Bloomberg dont le texte a été publié sur le site du gouvernement russe.

"Ce n'est, je le souligne, pour l'instant qu'une possibilité absolument théorique", a-t-il ajouté.

"Nous ne pouvons pas livrer notre gaz seulement au marché européen, car nous en avons assez pour le livrer aussi sur le marché asiatique", a encore souligné M. Medvedev.

M. Medvedev détaille par ailleurs ce que Moscou attend de l'Ukraine pour ne pas cesser ses livraisons de gaz à ce pays.

"Ils doivent nous présenter un calendrier de remboursement de leur dette, verser une part raisonnable" de leur dette, dit-il, soulignant que cela "ne doit pas être 3%".

"Nous n'avons (...) aucun désir d'aider les autorités ukrainiennes", précise-t-il.

"Nous voyons bien qu'au fond c'est une guerre civile qui se déroule là-bas", déclare-t-il par ailleurs.

Il maintient les réserves de la Russie à l'égard de la présidentielle du 25 mai, que les séparatistes comptent boycotter.

"Une partie de la population de l'Ukraine va se prononcer sur telle ou telle candidature. On peut sans aucun doute respecter cette position. Est-ce une reconnaissance? Non, ce ne l'est pas", dit-il.

Interrogé sur les craintes de voir les régions de l'est de l'Ukraine suivre le chemin de la Crimée qui a été rattachée en mars à la Russie, M. Medvedev répond: "Nous n'avons à donner de garanties à personne".

"Que nos partenaires occidentaux nous garantissent qu'ils ne vont pas entraîner l'Ukraine dans l'Alliance atlantique", répond-il aussi.

"En substance nous nous dirigeons lentement mais sûrement vers une deuxième Guerre froide, dont personne n'a besoin", met-il en garde, tout en mettant la fermeté des Etats-Unis sur le compte de problèmes de politique intérieure du président Barack Obama.

Mettant par ailleurs les difficultés économiques actuelles du pays sur le compte de ses faiblesses structurelles, il estime qu'il ne fait "aucun doute qu'un pays comme la Russie résistera à absolument toutes les sanctions".

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