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Après les violences de Kidal, Bamako réclame un mandat plus robuste pour la Minusma

20/05/2014 07:01 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a demandé mardi au Conseil de sécurité un renforcement du mandat de la Minusma, la mission de l'ONU au Mali, et le désarmement de la rébellion touareg, après les violences à Kidal (nord-est).

Evoquant le renouvellement du mandat de la Minusma, M. Diop a réclamé "un mandat beaucoup plus robuste (..), à même de faire face aux menaces sur le terrain, et le désarmement de tous les groupes armés, singulièrement le MNLA" (Mouvement national de libération de l'Azawad).

Certes, a-t-il déclaré, le gouvernement malien tiendra ses engagements de mener "un dialogue sincère devant déboucher sur un accord de paix global et définitif" avec la rébellion touareg.

Mais il a tenu à souligner que "la collusion entre des partenaires du processus de paix et des terroristes est clairement établie et doit être condamnée par votre Conseil". Il a affirmé en particulier que "des fanions de l'Aqmi (A-Qaïda au Maghreb islamique) et (du mouvement islamique) Ansardine flottaient sur les véhicules des agresseurs, à côté de ceux du MNLA", et a brandi des photos de victimes de l'attaque.

Il a aussi estimé que la délégation du gouvernement malien attaquée à Kidal "n'a pas bénéficié du soutien et de la protection qu'elle est en droit d'attendre en cette circonstance". L'armée malienne, a-t-il expliqué, "a dû faire face avec les moyens du bord à des hordes de narcoterroristes lourdement armés".

"L'agression survenue à Kidal ne peut demeurer impunie", a poursuivi M. Diop, demandant "qu'une Commission internationale soit constituée pour vérifier les faits afin que les responsables soient traduits devant les juridictions nationales et internationales".

Selon Bamako, 36 personnes dont des responsables locaux et huit militaires ont été tués lors des combats qui se sont déroulés alors que le Premier ministre Moussa Mara était en visite dans la ville. Deux Casques bleus et 20 policiers de l'ONU ont aussi été blessés.

"Kidal a toujours été et demeurera partie intégrante de la République du Mali, il n'y a aucune raison que les plus hautes autorités ne puissent s'y rendre", a encore martelé le ministre, qui s'exprimait en vidéo-conférence depuis Bamako.

Le représentant spécial de l'ONU au Mali, Bert Koenders, qui participait à cette vidéo-conférence à ses côtés, avait auparavant déclaré que "l'ONU demeure profondément attachée à la restauration de l'autorité de l'Etat malien à Kidal" et dans tout le nord du pays.

Mais il a estimé que "la priorité aujourd'hui est la relance du processus politique". M. Koenders a aussi "demandé à tous ceux qui sont concernés de prendre des mesures concrètes pour contribuer à faire baisser les tensions".

Le Conseil de sécurité a ensuite tenu des consultations à huis clos et devait publier ultérieurement une déclaration condamnant les violences de Kidal.

"La priorité doit être maintenant d'éviter une escalade et de revenir au dialogue et au cantonnement des groupes armés", a déclaré l'ambassadeur français Gérard Araud à l'issue des consultations. "Ensuite une commission d'enquête devra déterminer les responsables et les poursuivre en justice".

Il a souligné qu'il revenait au gouvernement malien de désarmer les groupes armés, et pas à la Minusma. "Ce que peuvent faire les forces française c'est soutenir le gouvernement malien", a-t-il ajouté.

avz/mf

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