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Soudan du Sud: nouvelle suspension des pourparlers à Addis Abeba (médiation)

19/05/2014 10:20 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

Les pourparlers entre belligérants sud-soudanais à Addis Abeba, destinés à trouver une issue politique au conflit qui ensanglante le jeune pays depuis mi-décembre, ont été à nouveau suspendus lundi, pour 12 jours, a annoncé la médiation.

C'est la troisième fois que ces pourparlers sont interrompus depuis qu'ils sont entrés dans leur deuxième phase mi-février. La première phase s'était conclue fin janvier par la signature d'un cessez-le-feu jamais respecté.

"La deuxième phase des pourparlers de paix au Soudan du Sud, sur le dialogue politique pour la réconciliation nationale et l'apaisement (...) est ajournée aujourd'hui pour 12 jours", a annoncé l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), organisation est-africaine qui assure la médiation, assurant que les négociations reprendraient le 4 juin.

Cette deuxième phase n'a jusqu'ici enregistré que peu d'avancées. Un "Accord pour mettre fin à la crise au Soudan du Sud" a bien été signé le 9 mai à Addis Abeba par le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, dont les troupes s'affrontent depuis le 15 décembre, mais l'engagement "à cesser les hostilités" qu'il contenait n'a pas tenu 24 heures.

MM. Kiir et Machar, sous pression internationale et personnellement menacés de sanctions américaines, s'étaient également mis d'accord sur le principe d'un gouvernement de transition et sur celui de futures élections, mais les modalités de mise en oeuvre de ces deux questions n'ont pas progressé depuis.

"L'accord a favorablement changé le contexte des négociations, vers un processus plus ouvert, plus représentatif et tourné vers l'avenir", a néanmoins assuré l'Igad, tout en appelant les parties à respecter les engagements déjà signés.

Les délégations des deux camps ont "produit des documents de travail sur un canevas des modalités de mise en oeuvre de l'Accord de cessation des hostilités et du Cadre des négociations politiques vers un règlement de la crise", ont expliqué les médiateurs, sans fournir plus de détails.

Le conflit, accompagné de massacres et d'exactions à caractère ethnique contre les civils, a déjà fait plusieurs milliers, voire des dizaines de milliers de morts, et chassé de chez eux plus de 1,3 million de personnes. Les combats ont éclaté le 15 décembre au sein de l'armée sud-soudanaise entre troupes loyales respectivement à MM. Kiir et Machar, avant de se propager dans le pays.

Leur rivalité à la tête du régime a divisé l'armée sur des lignes ethniques et exacerbé de vieilles rancunes entre Dinka et Nuer, les deux principales communautés dont MM. Kiir et Machar sont respectivement issus.

Salva Kiir a admis dans un entretien à la BBC diffusé lundi ne "pas pouvoir nier" les risques de famine. "Nous devons arrêter les combats afin de sauver la vie des gens, afin que les gens ne meurent pas de faim", a-t-il déclaré.

Quelque 4 millions de personnes - soit un tiers de la population sud-soudanaise - sont menacées par la faim et les bailleurs de fonds se réunissent mardi à Oslo, en Norvège, afin de trouver 1,26 milliard de dollars pour éviter une crise humanitaire majeure.

L'International Rescue Committee (IRC) a indiqué avoir enregistré, dans les régions touchées par le conflit, des taux de malnutrition largement supérieurs à ceux considérés comme "critiques" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

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