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Risque d'exode des habitants de l'est de l'Ukraine "au bord de l'effrondrement" (ONU)

19/05/2014 01:20 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

L'est de l'Ukraine, aux mains des séparatistes prorusses, pourrait connaître un départ massif de ses habitants, estime le secrétaire général adjoint de l'ONU aux droits de l'Homme, Ivan Simonovic, décrivant une région de Donetsk "au bord de l'effondrement"

"J'ai l'impression que Donetsk est au bord de l'effondrement du point de vue des services sociaux", a déclaré à l'AFP M. Simonovic au retour d'une courte visite à Donetsk, la capitale administrative d'une des deux régions de l'Est en grande partie contrôlée par des insurgés prorusses armés.

"Il y a déjà des pénuries, comme d'insuline. L'ensemble du système est, je pense, au bord de l'effondrement", a ajouté le haut responsable onusien.

"Il est effrayant de voir, dans mes discussions avec la société civile, combien d'habitants pensent à quitter la région. Et si les choses ne s'améliorent pas, nous pourrions avoir une importante vague de déplacés venant de cette région", a-t-il estimé.

Concernant la présidentielle de dimanche, présentée comme vitale pour l'avenir du pays par les autorités de Kiev et par les Occidentaux, M. Simonovic met en garde : "espérer un miracle sortant de ces élections n'est pas réaliste".

"Les élections constituent le début d'une nouvelle phase", a-t-il dit. "Nous avons affaire à un pays de plus en plus divisé, un pays qui se dirige peut-être vers un scénario dramatique. Mais il s'agit d'un pays qui peut être sauvé", a martelé le responsable.

"L'Ukraine n'a pas encore atteint le point de non retour et le moment où seule l'escalade de la violence est possible. Néanmoins, cette fenêtre d'opportunité pourrait se refermer et, tant qu'elle est ouverte, elle devrait être utilisée".

Ivan Simonovic, diplomate croate, a estimé que "la comparaison (avec la situation au moment de la dislocation de la Yougoslavie) pouvait être faite".

"A la fin de la crise yougoslave, nous avons eu les accords de Dayton. Mais cela a coûté plus de 100.000 vies et je pense que l'Ukraine ne devrait pas payer un tel prix".

Les séparatistes contrôlent en grande partie les régions de Lougansk et de Donetsk où des affrontements sporadiques opposent des rebelles armés à des soldats ukrainiens.

Les violences, qui ont fait près de 130 morts depuis le début le 13 avril de l'opération "antiterroriste" visant à reprendre le contrôle de l'Est, pourraient empêcher le déroulement du scrutin dans ces régions.

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