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Le Mali envoie des renforts à Kidal, où 32 fonctionnaires ont été libérés

19/05/2014 05:24 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

Le Mali a dépêché des renforts militaires pour tenter de reprendre le contrôle de Kidal, fief des rebelles touareg, qui y ont libéré lundi soir 32 fonctionnaires qu'ils retenaient depuis ce week-end.

"1.500 militaires maliens sont arrivés en renfort à Kidal les dernières 24 heures", a déclaré à l'AFP une source militaire étrangère. Information confirmée par une source militaire malienne selon laquelle ce chiffre "sera revu à la hausse dans les prochaines heures".

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), rébellion touareg qui dispose d'hommes armés dans la ville, a libéré lundi soir 32 personnes qu'il retenait depuis des combats avec l'armée malienne il y a trois jours, selon la Mission de l'ONU au Mali (Minusma).

Les ex-otages sont des fonctionnaires. Selon un communiqué de la Minusma, ils ont été remis à cette mission "les a transportés à son camp à Kidal où ils subiront, en cas de besoin, un examen médical".

De source militaire, l'envoi de renforts de soldats à Kidal est en cours depuis les accrochages de samedi.

Le nombre de militaires auparavant déployés n'était pas connu. Mais fin avril, le Premier ministre avait affirmé que le Mali disposait "d'environ 8.300 hommes (...) sur le théâtre des opérations" dans le Nord, où ils travaillent "en partenariat" avec les soldats de l'opération française Serval et la Minusma, "en vue de surmonter les énormes difficultés de sécurisation du territoire".

D'après un autre responsable militaire, certains des soldats arrivés en renforts sont venus notamment de Gao (au sud de Kidal), d'autres d'Anéfis (entre Gao et Kidal).

Ils sont déployés alors que Bamako tente de renforcer la présence de l'Etat dans le Nord, englobant les régions de Tombouctou, Gao et Kidal, où le Premier ministre Moussa Mara a effectué jusqu'à dimanche sa première visite depuis sa prise de fonction.

A Kidal, en plein séjour de M. Mara, les soldats maliens qui sécurisaient la délégation officielle, ont affronté des groupes armés mêlant rebelles touareg et "terroristes", selon Bamako.

Au cours de ces combats, 36 personnes ont été tuées, dont huit militaires, d'après le bilan du gouvernement.

Le MNLA a affirmé que ses hommes ont réagi pour "défendre leurs positions". Il a revendiqué "une dizaine de soldats maliens morts".

Dimanche, la mission de l'ONU au Mali, la Minusma, avait fait état de "l'assassinat de deux civils et six officiels maliens", sans donner plus de détails. De sources officielles malienne et internationale, les six responsables tués sont deux préfets et quatre sous-préfets de la région de Kidal.

- Violences condamnées -

Les violences à Kidal ont été condamnées par plusieurs pays et organisations. Après la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, l'Union africaine et les Etats-Unis dimanche, le Maroc s'en est dit inquiet et a appelé au dialogue lundi, tandis que la France a dénoncé des "violences inacceptables".

La France a été le fer de lance d'une opération militaire internationale lancée en janvier 2013 - et toujours en cours - contre les jihadistes qui occupaient le nord du Mali. Ces islamistes ont été chassés des grandes villes mais demeurent actifs dans ces zones.

Avec les violences de Kidal, "les terroristes ont déclaré la guerre au Mali, le Mali est donc en guerre contre ces terroristes", sans distinctions d'origine, a dénoncé dimanche le Premier ministre Moussa Mara. Selon lui, les forces maliennes s'y préparaient "à toutes les éventualités" à Kidal.

Le MNLA avait déclenché en janvier 2012 une offensive contre les forces maliennes dans le nord du Mali, s'alliant à des islamistes armés liés à Al-Qaïda. Profitant d'un coup d'Etat militaire en mars 2012, ces groupes se sont emparés du Nord, d'où les rebelles touareg avaient ensuite été évincés par les jihadistes.

Le MNLA est revenu à Kidal à la faveur de l'opération militaire internationale. En dépit de la présence sur place de soldats maliens, français et onusiens, cette zone échappe toujours au contrôle de l'Etat malien, en proie à l'anarchie et aux rivalités de groupes armés.

Elle a souvent été au coeur des rébellions touareg qu'a connues le Mali depuis 1960, la dernière en date étant cette déclenchée par le MNLA et qui a ouvert la voie à la crise la plus grave de l'histoire du pays.

Les violences de ce week-end ont suscité des réactions d'hostilité envers la force Serval et la Minusma, accusées de passivité face aux rebelles touareg.

Depuis samedi, des manifestations ont été organisées à Bamako et à Gao, où ont été scandés des slogans comme "Libérez Kidal!", "Minusma, à bas! La France, à bas!".

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