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Guatemala : indignation contre une résolution du Parlement niant un génocide

19/05/2014 03:09 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

Défenseurs des droits de l'homme et victimes de la guerre civile au Guatemala (1960-1996) ont manifesté lundi devant le Parlement pour protester contre l'adoption d'une résolution stipulant qu'il n'y avait pas eu de génocide au cours du conflit.

"Les députés qui ont approuvé cette résolution, qui nie le génocide, nous tuent", a déclaré à la presse le dirigeant indigène Diego Santiago, au cours du rassemblement à Guatemala, la capitale guatémaltèque.

Brandissant pancartes et photographies de proches décédés, des dizaines de personnes ont manifesté leur indignation contre cette résolution sans portée légale adoptée la semaine dernière par les parlementaires et proposée par un élu proche de l'ancien dictateur Efrain Rios Montt, poursuivi en justice pour génocide.

Dans leur résolution, les députés avaient appelé à la réconciliation et à la paix quasiment deux décennies après la fin de la guerre civile, mais avaient également estimé qu'il était "juridiquement infondé" qu'ait eu lieu "un génocide au cours du conflit armé".

Efrain Rios Montt, 87 ans, est accusé d'avoir commandité lorqu'il était au pouvoir (1982-1983) le massacre de plus d'un millier d'Indiens de l'ethnie ixile, soupçonnés de soutenir la guérilla en pleine guerre civile.

Condamné à 80 ans de prison en mai 2013, le procès et la condamnation de l'ancien général avaient été annulés peu après pour vice de forme. Un nouveau procès pourrait s'ouvrir en janvier 2015 contre le militaire retraité qui est actuellement en résidence surveillée dans un quartier chic de la capitale.

Au cours de la manifestation, les représentants indigènes ont appelé les parlementaires à respecter l'indépendance du pouvoir et à ne pas se prononcer sur des procédures judiciaires, particulièrement celles touchant des génocides présumés.

La présidence de fait de M. Rios Montt a été l'une des périodes les plus meurtrières de la guerre civile au Guatemala, qui a fait, selon l'ONU, 200.000 morts et disparus entre 1960 et 1996.

Sous son régime, l'armée avait appliqué une politique de la "terre brûlée" contre les peuples autochtones, soupçonnés de soutenir la guérilla de gauche.

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