NOUVELLES

Brésil : poursuites pénales contre cinq militaires de la dictature

19/05/2014 05:59 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

Le Parquet fédéral de Rio de Janeiro (MPF-RJ) a lancé lundi des poursuites pénales contre cinq militaires à la retraite pour tortures, homicide et dissimulation du corps de l'ancien député Rubens Paiva, sous la dictature (1964-85).

Selon le site du MPF, les faits ont eu lieu les 21 et 22 janvier 1971 dans le centre de renseignements de l'armée (DOI) à Rio, et les militaires sont aussi accusés d'association de malfaiteurs.

Outre les peines de prison qu'ils encourent, le MPF souligne avoir demandé que leurs pensions soient suspendues et leurs médailles et décorations retirées.

Le MPF-RJ a élaboré la demande de poursuite après avoir obtenu de nouvelles preuves dans la maison du colonel à la retraite Paulo Malhaes, 76 ans, tué le 24 avril dernier lors d'un cambriolage à main armé, qui n'a pas encore été totalement élucidé.

Un mois avant, ce colonel avait révélé à la Commission de la Vérité que le corps du député Rubens Paiva, torturé à mort, avait été jeté dans une rivière, dans la région montagneuse de Rio.

Le MPF avait obtenu l'autorisation de perquisitionner chez M. Malhaes après sa mort et trouvé des documents qui prouvent la participation des cinq militaires.

Le MPF-RJ a repris les arguments d'une juge de Rio, Ana Paula Vieira de Carvalho, qui la semaine dernière a entamé pour la première fois des poursuites contre cinq militaires et un policier soupçonnés d'avoir participé à un attentat à la bombe raté qui visait un concert en 1981.

Les crimes de torture, homicides, disparitions de personnes, commis par des agents de l'Etat comme formes de persécution politique dans la période de la dictature (1964-85) représentent "des crimes contre l'humanité" et à ce titre ne tombent pas sous le coup de la loi d'amnistie de 1979, estiment la juge et le MPF.

Le retour à la démocratie en 1985 s'est accompagné d'une large impunité en faveur des responsables de violations des droits de l'homme, en raison de cette loi d'amnistie qui a permis aux exilés politiques de rentrer mais aussi aux tortionnaires de ne jamais répondre de leurs crimes.

Le Brésil est, sous couvert de cette loi d'amnistie, le seul pays d'Amérique du Sud à n'avoir jamais jugé les crimes de son ancienne dictature.

Le Brésil ne reconnaît officiellement que quelque 400 morts et disparus sous son ancienne dictature au regard des 30.000 morts en Argentine et plus de 3.200 au Chili

mav-cdo/hdz/gg

PLUS:hp