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Syrie: 30.000 procès au tribunal du "terrorisme" en deux ans

18/05/2014 06:57 EDT | Actualisé 18/07/2014 05:12 EDT

Quelque 30.000 poursuites judiciaires ont été examinées en deux ans par un tribunal syrien chargé d'examiner des cas de "terrorisme" dans le pays en guerre, a indiqué dimanche un journal proche du pouvoir en faisant état de 20 condamnations à mort.

Le conflit en Syrie a été déclenché en mars 2011 par la répression du mouvement de contestation pacifique qui s'est ensuite militarisé avec des déserteurs et des civils prenant les armes pour combattre le régime de Bachar al-Assad.

Ce dernier n'a jamais reconnu l'ampleur de cette contestation et a accusé les rebelles d'être des "terroristes à la solde d'Etats étrangers", qui cherchent à semer le chaos dans le pays. Des groupes islamistes et jihadistes dont la majorité des membres sont venus de l'étranger, se sont ensuite infiltrés dans le pays pour aider la rébellion.

Le "tribunal antiterrorisme", crée en 2012 par décret présidentiel, "examine près de 30.000 cas, dont 300 concernent des citoyens arabes accusés d'avoir commis des actes terroristes", a indiqué le journal.

Il "juge des groupes ayant commis des actes terroristes sur le territoire syrien et a condamné à mort 20 personnes ayant perpétré les crimes les plus odieux et procédé à des destructions", ajoute-t-il sans détailler les accusations.

La loi sur le terrorisme promulguée, en pleine guerre, par le président Assad en juillet 2012 "a permis de réunir des charges contre quiconque ayant un lien avec les crimes terroristes", a indiqué le procureur général Ammar Bilal, cité par le quotidien.

Depuis 2014, quelque 1.500 personnes ont été relaxées, a-t-il ajouté soulignant que certains procès concernent "le financement du terrorisme" ou "la propagation d'actes terroristes".

La guerre en Syrie a fait plus de 150.000 morts, poussé à la fuite quelque neuf millions et dévasté le pays.

La commission d'enquête sur les crimes de guerre en Syrie auprès du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a accusé à plusieurs reprises le régime syrien de crimes contre l'humanité et crimes de guerre, et les groupes armées non étatiques de crimes de guerre.

En mars, elle avait dénoncé, entre autre, le recours aux sièges des villes et à la famine comme méthode de guerre par le gouvernement et des groupes d'opposition, et a accusé le groupe jihadiste de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), de "crimes contre l'humanité".

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