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Renvoi de Jill Abramson: le propriétaire du Times dément tout sexisme

18/05/2014 12:44 EDT | Actualisé 18/07/2014 05:12 EDT

Le propriétaire du New York Times a assuré que le licenciement de la directrice de la rédaction du prestigieux quotidien, Jill Abramson, n'avait rien à voir avec le fait qu'elle soit une femme ou avec un conflit sur son salaire.

"Le résultat peut-être le plus triste de ma décision de remplacer Jill comme responsable de la rédaction du New York Times est qu'elle a été dépeinte par beaucoup comme un exemple de l'inégalité de traitement des femme au travail", écrit Arthur Sulzberger Jr. dans un communiqué.

"Cela s'est traduit par nombre d'articles de presse factuellement erronés selon lesquels la rémunération de Jill Abramson n'était pas comparable à celle de ses prédécesseurs, ce qui est faux", insiste-t-il. "Sa rémunération était comparable à celle de Bill Keller --à qui elle a succédé en 2011 ndlr-- et l'an dernier elle était même plus de 10% supérieure", précise-t-il.

"En tant que responsable de la publication, mon premier devoir est d'assurer le maintien de la qualité et du succès du New York Times", poursuit le propriétaire du quotidien. "Jill est une journaliste et une éditrice exceptionnelle mais à mon plus grand regret j'ai conclu que sa gestion de la rédaction ne marchait simplement pas", explique-t-il: "J'ai décidé que Jill ne pouvait plus rester à son poste pour des raisons qui n'ont rien à voir avec son salaire ou son sexe".

"J'ai entendu de façon répétée des plaintes de ses collègues de la rédaction, hommes et femmes, sur un ensemble de questions, dont des décisions arbitraires, son incapacité de consulter, une communication inadéquate et le mauvais traitement public de journalistes", poursuit-il encore.

Il dit aussi avoir discuter plusieurs fois de ces problèmes avec Jill Abramson 60 ans et de l'avoir mis en garde contre le fait qu'elle risquait de perdre la confiance à la fois de la direction du quotidien et des journalistes.

Mme Abramson, qui avait été la première femme à occuper ce poste au New York Times a été remplacée par Dean Baquet, premier Noir à occuper cette fonction dans le prestigieux quotidien New-Yorkais.

La controverse suscitée par la licenciement de Mme Abramson survient au moment même où un rapport interne évoquant les difficultés apparentes du titre à s'adapter à l'ère numérique a été publié par le site Buzzfeed.

Daté du 24 mars, ce document souligne que le lectorat du quotidien a nettement reculé au cours de l'année passée, non seulement sur son site internet mais aussi sur sa plateforme des mobiles, une tendance jugée "extrêmement préoccupante".

"Le New York Times a besoin d'adopter de nouvelles stratégies plus judicieuses pour accroître son audience", écrivent les auteurs du rapport selon qui il y a "urgence à agir étant donné qu'il y a de plus en plus d'acteurs dans les médias numériques, qu'ils sont mieux financés et sont beaucoup plus innovants".

Le rapport mentionne spécifiquement de relativement nouveaux concurrents comme BuzzFeed et The Huffington Post soulignant qu'"ils réussissent grâce à des stratégies et des outils sophistiqués de recherche et de développement de réseaux sociaux".

js/mdm

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