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Présidentielle en Guinée-Bissau : un candidat dénonce des intimidations

18/05/2014 07:14 EDT | Actualisé 18/07/2014 05:12 EDT

José Mario Vaz, candidat du premier parti politique de Guinée-Bissau au second tour de la présidentielle de dimanche, a dénoncé des "intimidations" de ses partisans par des "gens armés", tandis que son adversaire Nuno Gomes Nabiam a appelé au calme.

"Certains dirigeants politiques de mon parti ont été l'objet d'intimidations de la part de gens armés qui se sont attaqués soit à leur propre personne physiquement, soit à leur domicile", a déclaré à la presse M. Vaz, 57 ans, après avoir voté peu avant 10H00 (locales et GMT) dans le quartier de Tchada, à Bissau.

"Nous sommes en démocratie. Il est inadmissible que des gens utilisent la force pour empêcher d'autres citoyens d'exercer leur devoir civique", a ajouté le candidat du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC), accompagné de son épouse Celestina Rosa Vaz.

Il n'a pas détaillé les dates et lieux de ces agressions, les identités des personnalités concernées et de leurs agresseurs. Une source au PAIGC interrogée par l'AFP a évoqué 15 personnes agressées à Bissau et Bafata (est).

José Mario Vaz est apparu nerveux, selon un journaliste de l'AFP. A son arrivée dans son bureau de vote, il a réalisé avoir oublié sa carte d'électeur. Il est retourné chercher le document, puis est revenu et a pu voter.

Son adversaire Nuno Gomes Nabiam, 51 ans, semblait plus serein après avoir voté avant 08H00 à Bissau dans le quartier d'Udib (centre-ville), en compagnie de son épouse Kurumba Djalo Nabiam.

"Je demande au peuple de sortir massivement pour voter dans la paix et la tranquillité. Je suis confiant que la victoire sera de mon côté", a déclaré M. Nabiam, candidat sans étiquette soutenu par le Parti de la rénovation sociale (PRS, deuxième formation politique).

Il a répété ne pas être le candidat de l'armée alors que de notoriété publique à Bissau, il est apprécié du haut commandement militaire, notamment du chef de l'armée, le général Antonio Indjai, meneur du coup d'Etat miliaire d'avril 2012.

"L'armée n'a pas de candidat. Et on me colle cette étiquette à tort", a soutenu M. Nabiam.

Fin avril à Bissau, les deux candidats avaient pris publiquement l'engagement de respecter les résultats du scrutin, pour lequel près de 800.000 électeurs sont appelés aux urnes de 07H00 à 18H00.

Selon le chef du bureau des Nations unies en Guinée-Bissau, José Ramos Horta, les opérations se déroulaient dimanche matin dans le calme à Bissau et à l'intérieur du pays.

"J'ai visité quelques bureaux (...), tout se passe bien. J'ai les informations qui viennent de l'intérieur du pays, me rassurant que tout se passe également bien", a-t-il dit à la presse à Udib.

Dans une déclaration au nom de plusieurs missions d'observations électorales déployées en Guinée-Bissau, l'ex-président mozambicain Joaquim Chissano a exhorté les Bissau-Guinéens à l'apaisement pendant et après le scrutin.

Aux candidats et à leurs partisans, "nous demandons (...) de s'abstenir de toute proclamation prématurée du résultat du scrutin", a affirmé M. Chissano, de l'Union africaine (UA) dans un communiqué transmis à l'AFP.

Il s'exprimait samedi en présence des chefs des observateurs de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), de l'Union européenne (UE) et d'autres organisations internationales.

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