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Grèce: résultat encourageant pour la gauche radicale avant les européennes

18/05/2014 02:29 EDT | Actualisé 18/07/2014 05:12 EDT

La gauche radicale grecque du Syriza a enregistré dimanche une poussée au-delà des attentes au premier tour des élections locales en arrivant en tête à Athènes et sa région, face aux candidats de la coalition droite-socialiste au pouvoir.

En attendant une image plus précise sur l'ensemble du pays, les regards se concentraient sur le sondage de sortie des urnes pour la capitale grecque et la région d'Attique, qui concentrent 30% du corps électoral.

La gauche hostile à l'austérité et à la politique du gouvernement d'Antonis Samaras y est créditée d'un score plus élevé qu'attendu, la candidate du Syriza Rena Dourou devançant l'actuel chef de la région soutenu par les socialistes.

A Athènes, le candidat de Syriza serait au coude à coude avec l'actuel maire, Georges Kaminis, indépendant mais soutenu par les socialistes. Le candidat appuyé par le Premier ministre conservateur arriverait en 3ème position mais une candidature dissidente a handicapé la droite.

Porte-parole parlementaire de Syriza, Panagiotis Lafazanis a salué une "excellente surprise" pour le parti, ouvrant la voie a un "nouveau paysage politique".

Ces résultats encourageants pour le Syriza à une semaine des élections européennes ne donnent cependant pas au parti une avance décisive pour emporter la mairie de la capitale grecque ou la préfecture de région. Les reports de voix au second tour, le 25 mai, seront déterminants.

Le candidat et porte-parole du parti néonazi Aube dorée, Ilias Kassidiaris, pointerait en quatrième position à Athènes avec un score élevé entre 14 et 17%.

Inculpé comme la plupart des parlementaires du parti pour participation à "une organisation criminelle" après deux meurtres imputés à des membres d'Aube dorée, M. Kassidiaris a pour affiche électorale une photo de lui menottes aux poignets, lors de son arrestation en septembre.

-- Athènes et la province --

Le sondage sortie des urnes donne une image plus nuancée de la répartition des forces dans le reste du pays.

Dans le grand port du Pirée, le candidat soutenu par le parti conservateur au pouvoir Nouvelle Démocratie est laissé sur place par un candidat indépendant porté par le puissant club de football local l'Olympiakos.

Mais dans six des treize régions du pays, pour lesquelles un sondage était communiqué, les sortants pro-gouvernementaux semblaient pouvoir être reconduits. L'ambition du Syriza est de se maintenir dans neuf régions au second tour. Huit sont actuellement détenues par le Pasok.

Le porte-parole du gouvernement Simos Kedigoglou a d'ailleurs souligné l'écart d'image "entre Athènes et la province".

Ce scrutin doit permettre de déceler les tendances de l'électorat vis-à-vis de la coalition au pouvoir depuis deux ans, usée par la politique de rigueur mais qui se prévaut d'une "stabilisation" politique et économique après quatre ans de crise.

La dernière confrontation électorale des deux partis remonte aux législatives de juin 2012 dans un climat électrisé par les conjectures sur une sortie de la Grèce de la zone euro. La gauche radicale qui plafonnait jusqu'alors à moins de 5% des votes, était propulsée seconde force politique du pays avec 27% des voix, derrière Nouvelle démocratie (ND, droite).

Deux ans plus tard, le spectre du "Grexit" a disparu, mais Antonis Samaras a mis en garde les électeurs contre les risques de "déstabilisation" du pays en cas de succès du Syriza.

Si le scrutin local se polarise sur le duel Nouvelle Démocratie/Syriza, il révèle aussi l'atomisation du paysage politique après des décennies de bipartisme et devrait confirmer la tendance à une abstention massive lors de la publication des résultats attendus autour de 20h00 GMT.

Electeur de Syriza venu voter dans le centre d'Athènes, Jason, un physiothérapeute de 35 ans, a tenu à envoyer "un message": "ceux qui nous ont menés à la faillite ne peuvent être ceux qui nous en sortent".

Alexandre Voudouris, 40 ans, a voté lui sur des "considérations locales" et attendra les européennes pour "dire ce qu'(il) pense de tout ça".

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