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L'humour noir des "Nouveaux sauvages" déclenche rires et bravos à Cannes

17/05/2014 08:25 EDT | Actualisé 17/07/2014 05:12 EDT

L'irruption des pulsions sauvages chez l'être humain dans la vie quotidienne, traitée sur le ton de l'humour noir par le réalisateur argentin Damian Szifron, a déclenché une cascade de rires et d'applaudissements chez les festivaliers à Cannes.

Décliné en six épisodes, "Les nouveaux sauvages", qui concourt pour la Palme d'or, est une variation sur le thème du basculement soudain de la civilisation à la barbarie, sur la vengance et la destruction face à l'injustice et aux abus.

Le film, coproduit par l'Espagnol Pedro Almodovar, démarre sur les chapeaux de roue avec un premier tableau délirant à bord d'un avion: au fil du voyage, tous les passagers se rendent compte qu'ils ont une connaissance en commun, un certain Gabriel Pasternak, qu'ils ont tous maltraité à un moment de leur vie.

Tous ont reçu un billet d'avion gratuit dans des circonstances mystérieuses. Le fameux Gabriel, lui, est depuis devenu chef de cabine et vient de s'enfermer dans le cockpit...

Dans un autre épisode, la star argentine Ricardo Darin ("Dans ses yeux", 2008) endosse la peau d'un ingénieur qui perd les pédales face aux abus de la fourrière et la bureaucracie kafkaïenne de son pays.

- Les comédies, rares en compétition -

Un peu plus tôt, c'est un doigt d'honneur brandi pendant un dépassement sur la route qui va finir en pugilat d'une violence inouïe entre deux conducteurs frappés de folie meurtrière.

Mariée bafouée, procureur corrompu, cuisinière empoisonneuse... Cette comédie offre une respiration bienvenue dans la compétition officielle en cours à Cannes, où l'essentiel des oeuvres abordent des sujets dramatiques, de l'extrémisme religieux à la pédophilie.

Damian Szifron, 38 ans, dont c'est le troisième long-métrage, est connu en Argentine pour ses talents de scénariste télé.

"Je voulais aller jusqu'au bout de chaque conflit, jusqu'à l'os, jusqu'à la moëlle", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse à Cannes.

"Si quelqu'un te dépasse très vite sur la route avec une super voiture en te faisant des appels de phare, tu as envie de le tuer! a-t-il argumenté. Je ne pense pas que ce film soit une fresque réaliste, mais plutôt un regard sur les émotions possibles que provoque la réalité".

C'est en rédigeant une série de nouvelles que la trame du film lui est apparue. "Je me suis aperçu que toutes étaient liées par le plaisir indéniable du pétage de plombs", raconte-t-il.

Trois autres films argentins sont montrés à Cannes dans des sections parallèles cette année: "Jauja" de Lisandro Alonso avec Viggo Mortensen, "Refugiado" de Diego Lerman et "El Ardor" de Pablo Fendrik, avec l'acteur mexicain Gael García Bernal.

dab/da/bg

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