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Japon-Chine: première rencontre ministérielle depuis la visite d'Abe au sanctuaire Yasukuni

17/05/2014 07:17 EDT | Actualisé 17/07/2014 05:12 EDT

Les ministres du commerce japonais et chinois se sont entretenus samedi, première rencontre à ce niveau depuis la crise diplomatique suscitée en décembre par la visite du Premier ministre nippon au sanctuaire Yasukuni de Tokyo, ont annoncé des médias japonais.

Toshimitsu Motegi et son homologue chinois Gao Hucheng se sont vus pendant 20 minutes en marge d'une réunion du forum de Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) à Qingdao (est de la Chine), a indiqué l'agence Kyodo.

"Bien que le Japon et la Chine aient des problèmes délicats, nous sommes convenus de promouvoir la coopération entre les deux pays sur la base d'une relation stratégique mutuellement bénéfique", a déclaré Motegi, cité par la télévision publique nippone NHK.

Les relations entre Pékin et Tokyo, les deux plus importantes puissances économiques asiatiques, sont exécrables depuis un an et demi en raison d'un différend territorial en mer de Chine orientale et de querelles liées à l'Histoire.

Situés en mer de Chine orientale à 200 km au nord-est de Taïwan et à 400 km à l'ouest d'Okinawa (sud du Japon), les îlots des Senkaku sont administrés par le Japon mais revendiqués avec force par la Chine sous le nom de Diaoyu.

Lorsque Tokyo a nationalisé trois de ces îles en septembre 2012, des manifestations anti-japonaises parfois violentes se sont déroulées dans de nombreuses villes chinoises, et depuis lors Pékin envoie régulièrement des navires dans les parages. Le chassé-croisé des navires de garde-côtes des deux pays dans la zone fait craindre un éventuel incident armé entre les deux puissances asiatiques.

La Chine, ainsi que la Corée du Sud, est également remontée contre le Japon depuis la visite fin décembre du Premier ministre japonais Shinzo Abe au sanctuaire Yasukuni de Tokyo, un lieu considéré par Pékin comme le symbole du militarisme nippon passé.

C'était la première fois depuis 2006 qu'un Premier ministre japonais s'y rendait.

Le Yasukuni célèbre les âmes de 2,5 millions de soldats morts pour le Japon, mais aussi celles de 14 criminels de guerre condamnés par les alliés après la défaite nippone à la Seconde Guerre mondiale. Victimes de l'expansionnisme nippon à l'époque, la Chine et la Corée du Sud considèrent ce sanctuaire comme le symbole du militarisme passé de leur voisin qu'ils critiquent vertement lorsqu'un ministre s'avise de s'y rendre.

La visite de M. Abe avait également été fermement critiquée par les Etats-Unis, principal allié du Japon, Washington exprimant publiquement sa "déception".

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