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Inde: Narendra Modi célébre à Delhi la victoire des nationalistes hindous

17/05/2014 02:36 EDT | Actualisé 16/07/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre élu, Narendra Modi, a été accueilli par une foule enthousiaste samedi à New Delhi, célébrant le succès historique des nationalistes hindous aux législatives en Inde, après avoir tenu un premier discours de rassemblement.

Plusieurs centaines de personnes brandissant des drapeaux de son parti, le Bharatiya Janata Party (BJP) l'ont entouré à son arrivée à l'aéroport de la capitale, le nouvel homme fort de l'Inde apparaissant souriant et faisant le V de la victoire devant ses partisans.

Vêtu d'une veste et d'une chemise bleue, debout sur le marche-pied de son véhicule, il a entamé une traversée de la capitale qui doit le mener jusqu'au siège de sa formation où il doit tenir une réunion avec ses principaux dirigeants.

"Modi est notre lion! Il va travailler pour le peuple indien, pour le développement et pour chaque Indien", lance Om Dutt, un commerçant de 39 ans venu l'acclamer à l'aéroport.

Le nouvel homme fort de l'Inde, dont la personnalité et le parcours divisent profondément, a reçu vendredi les félicitations des dirigeants du monde entier après la victoire de son camp sur le Parti du Congrès de la dynastie Gandhi qui a enregistré sa pire défaite.

L'ancien vendeur de thé devrait se rendre plus tard dans la journée à Varanasi (Bénarès) pour une prière sur les berges du Gange, une façon de remercier les électeurs de cette ville sainte hindoue où Modi s'est présenté avec succès au Parlement indien.

Le dirigeant du BJP, qui n'a jamais occupé de poste au niveau national, a promis vendredi d'accomplir les rêves des 1,2 milliard d'Indiens, une façon d'apaiser les craintes des minorités, en particulier des musulmans victimes des émeutes sanglantes qui ont éclaté dans le Gujarat en 2002.

"Je veux tous vous emmener avec moi pour faire avancer ce pays (..) Il est de ma responsabilité de vous prendre avec moi pour diriger ce pays", a dit Modi devant ses électeurs du Gujarat vendredi soir.

Usant d'un thème récurrent dans son discours, il a estimé que l'Inde, deuxième pays le plus peuplé du monde, devait devenir une puissance mondiale reconnue, promettant "de faire du XXIe siècle le siècle de l'Inde".

Modi devrait officiellement être intronisé Premier ministre la semaine prochaine. Il a fondé sa campagne sur la promesse de relancer l'investissement et de diriger le pays de façon efficace et transparente.

Le Parti du Congrès est sorti usé de dix ans de pouvoir, affaibli par des scandales de corruption à répétition, la stagnation de l'économie et une inflation galopante. La campagne de Rahul Gandhi, fils de la présidente du parti Sonia Gandhi, a été jugée terne et sans direction par les observateurs.

- L'économie, tache herculéenne -

Les derniers résultats annoncés par la Commission électorale attribuent au BJP 279 sièges sur 543 au parlement, soit la première majorité absolue jamais obtenue en 30 ans par un seul parti. Trois autres sièges, de circonscriptions dont le comptage n'est pas terminé, lui sont en outre promis.

"Le peuple lui a donné le pouvoir de changer l'histoire, de le façonner à son image. Il devra s'y prendre avec beaucoup de précaution", estime le rédacteur en chef, Shekhar Gupta, en Une du quotidien Indian Express.

"L'heure n'est pas au triomphalisme pour la majorité et on ne peut gouverner une nation aussi diverse que la notre si tant de minorités se sentent en insécurité, exclues et sous-représentées", ajoute-t-il.

Selon le Times of India, jamais aussi peu de musulmans n'ont été élus au parlement depuis 1952.

Pour Modi, son défilé dans Delhi devrait être suivi par une réunion avec les principaux dirigeants du BJP qui devraient entrer au gouvernement pour la plupart d'entre eux.

Arun Jaitley est ainsi pressenti pour devenir ministre des Finances. Le président du parti, Rajnath Singh, pourrait devenir ministre de l'Intérieur.

La tâche principale de Modi sera la relance de l'économie avec une croissance tombée en deux ans de 9% à moins de 5%, une inflation galopante et des millions de jeunes sans emploi ou sous-employés.

Les dirigeants d'entreprises, en particulier des plus grandes, ont salué la victoire de Modi, considéré comme favorable aux milieux d'affaires.

En revanche, les dirigeants occidentaux devraient l'accueillir avec moins d'enthousiasme, l'ayant boycotté pendant près d'une dizaine d'années après les émeutes de 2002.

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