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Inde : Modi accueilli en héros à Delhi pour la victoire des nationalistes hindous

17/05/2014 09:01 EDT | Actualisé 17/07/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre élu, Narendra Modi, a été accueilli à New Delhi samedi par des milliers de partisans enthousiastes venus célébrer le succès historique des nationalistes hindous aux législatives en Inde.

Plusieurs centaines de personnes brandissant des drapeaux de son parti, le Bharatiya Janata Party (BJP) l'ont entouré à son arrivée à l'aéroport de la capitale, le nouvel homme fort de l'Inde apparaissant faisant le V de la victoire devant ses partisans.

Modi, dont la personnalité et le parcours divisent profondément, a obtenu le meilleur résultat électoral jamais enregistré depuis 30 ans au niveau national avec la promesse de redresser une économie en panne et d'incarner un pouvoir fort.

"Modi est notre lion! Il va travailler pour le peuple indien, pour le développement et pour chaque Indien", lance Om Dutt, un commerçant de 39 ans venu l'acclamer à l'aéroport, reflétant les forts attentes placées en lui.

Portant une veste et une chemise bleue, debout sur le marche-pied de son véhicule, il a traversé la capitale jusqu'au siège de sa formation où il a été accueilli par des centaines de partisans qui scandaient son nom et ont déversé sur lui une pluie de pétales de fleurs.

"Je remercie chaleureusement le personnel du BJP", a-t-il dit, entouré des principaux dirigeants du parti appelés à jouer un rôle dans le prochain gouvernement. Parmi ses proches, Arun Jaitley est pressenti pour devenir ministre des Finances. Le président du parti, Rajnath Singh, pourrait devenir ministre de l'Intérieur.

L'ancien vendeur de thé avait reçu vendredi les félicitations des dirigeants du monde entier après la victoire de son camp sur le Parti du Congrès de la dynastie Gandhi qui a enregistré sa pire défaite.

Modi est attendu en fin de journée à Varanasi (Bénarès) pour une prière sur les berges du Gange, une façon de remercier les électeurs de cette ville sainte hindoue qui l'ont élu dans leur circonscription.

Le dirigeant du BJP, qui n'a jamais occupé de poste au niveau national, s'est engagé vendredi à réaliser les rêves des 1,2 milliard d'Indiens, une façon d'apaiser les craintes des minorités, en particulier des musulmans victimes des émeutes sanglantes qui ont éclaté en 2002 dans l'Etat du Gujarat. M. Modi est à la tête du Gujarat depuis 2001.

"Je veux tous vous emmener avec moi pour faire avancer ce pays (..) Il est de ma responsabilité de vous prendre avec moi pour diriger ce pays", a dit M. Modi devant ses électeurs du Gujarat vendredi soir.

Usant d'un thème récurrent dans son discours, il a estimé que l'Inde, deuxième pays le plus peuplé du monde, devait devenir une puissance mondiale reconnue, promettant "de faire du XXIe siècle le siècle de l'Inde".

M. Modi devrait officiellement être intronisé Premier ministre la semaine prochaine. Les résultats annoncés par la Commission électorale attribuent au BJP 282 sièges sur 543 au parlement, soit la première majorité absolue jamais obtenue en 30 ans par un seul parti.

- L'économie, tache herculéenne -

Pour sa part, le Parti du Congrès est sorti usé de dix ans de pouvoir, affaibli par des scandales de corruption à répétition, la stagnation de l'économie et une inflation galopante. La campagne de Rahul Gandhi, fils de la présidente du parti Sonia Gandhi, a été jugée terne et sans direction par les observateurs.

Le Premier ministre sortant Manmohan Singh a remis sa démission samedi et remercié le peuple indien, dans une dernière allocution télévisée.

"Aujourd'hui l'Inde est un pays bien plus fort qu'il y a dix ans", a dit le dirigeant de 81 ans, dont le style discret tranche avec la poigne de son successeur.

La tâche principale de M. Modi sera la relance de l'économie avec une croissance tombée en deux ans de 9% à moins de 5% et des millions de jeunes sans emploi ou sous-employés.

Les dirigeants d'entreprises, en particulier des plus grandes, ont salué la victoire de Narendra Modi, considéré comme favorable aux milieux d'affaires.

En revanche, les dirigeants occidentaux devraient l'accueillir avec moins d'enthousiasme, l'ayant boycotté pendant près d'une dizaine d'années après les émeutes de 2002.

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