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Cinq angles d'attaque républicains contre une présidence Hillary Clinton

17/05/2014 09:00 EDT | Actualisé 17/07/2014 05:12 EDT

Elle n'est pas officiellement candidate à la Maison Blanche, mais Hillary Clinton a pris les devants: discours après discours, épaulée par Bill, elle défend ses deux décennies de vie publique, du rôle de Première dame au poste de secrétaire d'Etat.

Mais les républicains cherchent à retourner l'argument de l'expérience contre elle: ils critiquent la vacuité de son bilan de chef de la diplomatie, s'attaquent à son âge et sa santé, et intensifient leurs attaques à mesure qu'Hillary Clinton multiplie les interventions.

- Âge -

Hillary Clinton aura 69 ans le 26 octobre 2016: elle serait la deuxième présidente américaine la plus âgée jamais élue, après Ronald Reagan en 1980. Certains républicains ont en outre insinué cette semaine que la commotion cérébrale dont elle a été victime fin 2012 pourrait avoir laissé des séquelles.

"Elle fait du sport tous les jours, elle est forte, elle va très bien", a répliqué avec force Bill Clinton mercredi. Mais, comme confirmant la campagne qui s'annonce, il a ajouté: "Ce n'est que le début, (les républicains) vont être de plus en plus habiles".

- Dynastie -

Plus diffuses, les critiques d'un retour à la Maison Blanche du couple Clinton, 16 ans après la fin du mandat de Bill en 2001. Des conservateurs tentent de raviver les scandales et échecs de l'ère Clinton, de Monica Lewinsky à la tentative ratée de réformer le système de santé.

Loin de chercher à se dissocier de son mari, Hillary Clinton vante le bilan économique de ses huit années de présidence: 23 millions d'emplois créés, "le tout avec un équilibre budgétaire et des années prévues d'excédents", a-t-elle dit vendredi à Washington.

- Benghazi -

L'attaque de la mission diplomatique américaine de Benghazi, en Libye, le 11 septembre 2012, reste le talon d'Achille des quatre années d'Hillary Clinton au département d'Etat (2009-2013). Les républicains lui reprochent sa négligence, voire son incompétence, pour n'avoir pas su protéger adéquatement les diplomates américains.

"Est-ce que notre pays peut avoir un commandant en chef qui n'a pas fourni la sécurité appropriée en Libye?" a lancé le sénateur républicain Rand Paul, l'un de ceux qu'elle pourrait affronter en 2016. "Mon opinion est qu'Hillary Clinton s'est elle-même disqualifiée de la course".

Anticipant les critiques, Hillary Clinton a annoncé qu'un chapitre de son livre "Hard Choices" (qui sort le 10 juin) y serait consacré. Elle a donné un aperçu de sa défense, en expliquant que l'attention de son département était alors focalisée sur les ambassades, notamment au Caire et à Tunis, qui étaient le même jour la cible de manifestations violentes, dues à une vidéo islamophobe.

- Diplomatie -

Marco Rubio, autre adversaire potentiel, lui donne la note F, la plus basse. "Elle va devoir rendre des comptes sur ses échecs, que ce soit l'échec de la remise à zéro avec la Russie, ou le désastre de Benghazi", a dit le jeune sénateur sur ABC dimanche. John McCain dit lui à l'AFP qu'il ne voit "aucune" décision importante prise par Hillary Clinton.

Même Jimmy Carter, ancien président démocrate, est critique de son bilan dans le dossier israélo-palestinien. "Elle a très peu agi pour la paix", a-t-il affirmé à Time Magazine.

Hillary Clinton, annonçant son livre, explique à l'inverse qu'elle a joué un rôle clé dans la négociation du cessez-le-feu de novembre 2012 entre le Hamas et Israël.

Elle assure être la co-auteure, avec Barack Obama, de la double stratégie de sanctions renforcées et de discussions directes avec Téhéran, qui a culminé en novembre avec la signature d'un premier accord à Genève.

Et à ceux qui lui reproche la fameuse "remise à zéro" des relations avec la Russie en 2009, elle dit que sa fermeté face à Vladimir Poutine lui a valu les foudres du Russe: "J'ai critiqué les élections et il m'a attaquée personnellement".

- Boko Haram -

La sphère conservatrice relève depuis quelques jours qu'Hillary Clinton n'avait pas classé Boko Haram comme organisation terroriste, ce qui n'a été fait qu'en novembre 2013 par John Kerry.

"Si elle l'avait fait, il aurait été plus facile de les pourchasser il y a des années", a écrit lundi la co-présidente du comité national républicain, Sharon Day.

Hillary Clinton n'a pas encore répliqué --mais un de ses tweets, marqué du mot-dièse #BringBackOurGirls, a participé à la mobilisation mondiale pour aider à retrouver les plus de 200 lycéennes nigérianes enlevées mi-avril.

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