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Présidentielle en Guinée-Bissau : José Mario Vaz, économiste et homme du sérail

16/05/2014 02:59 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

José Mario Vaz, candidat du premier parti de Guinée-Bissau au second tour de l'élection présidentielle de dimanche, est un ancien ministre des Finances qui espère diriger son pays en dialoguant avec l'armée, en partie à l'origine de son instabilité politique chronique.

M. Vaz, 57 ans, surnommé "Jomav", est en lice pour le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC) face à un ingénieur, Nuno Gomes Nabiam, candidat indépendant soutenu notamment par la deuxième formation du pays, le Parti de la rénovation sociale (PRS).

Au premier tour de la présidentielle, le 13 avril, M. Vaz avait obtenu 40,89% des voix devant M. Nabiam (24,79%).

Pour le second tour, "j'accepterai les résultats même s'ils sont en faveur de mon adversaire Nuno Nabiam", avait-il assuré le 30 avril à Bissau, en présence de son rival, qui a pris le même engagement.

José Mario Vaz est un homme du sérail. Ancien ministre des Finances (2009-2012) dans le gouvernement de Carlos Gomes Junior renversé par l'armée en avril 2012, il a été maire de Bissau et a dirigé l'unique chambre de commerce du pays.

Marié et père de trois enfants, il est originaire de Calequisse, une bourgade dans le nord du pays. Issu de la minorité manjaque, il a été homme d'affaires et a fait fortune dans la vente de matériel de construction.

De ses fonctions de maire et de ministre, il a laissé un bon souvenir auprès de ses compatriotes, qui le qualifient de bon gestionnaire.

- "J'ai les mains propres" -

Au ministère des Finances, "il a réussi à lutter contre les fonctionnaires fictifs en imposant le paiement des salaires par voie bancaire. Les fonctionnaires étaient payés à partir du 25 de chaque mois avec des recettes" de l'Etat, dit de lui un ancien membre du PAIGC.

En Guinée-Bissau, les arriérés de salaires des fonctionnaires sont récurrents.

En 2004, alors maire de Bissau, M. Vaz a mené un projet d'assainissement dans des quartiers périphériques de la ville pour la construction de routes, d'un réseau d'égout et de latrines notamment, qui a amélioré, selon des habitants, le visage de cette capitale généralement décatie.

La candidature de M. Vaz à la présidentielle a pourtant failli être recalée par la Cour suprême qui lui reprochait d'être "mêlé" en 2012 à un détournement d'un don angolais de 12,5 millions de dollars (plus de 9 millions d'euros).

"J'ai géré des millions de francs CFA de manière transparente. Je ne me reproche rien. J'ai les mains propres", avait-il répondu à ce sujet à l'AFP.

Formé en économie au Portugal, l'ancienne puissance coloniale, et au Sénégal voisin, M. Vaz est confiant en ses chances de gagner dimanche et veut "redorer le blason" du pays, habitué à l'instabilité politique depuis son indépendance en 1974.

Il a notamment promis une meilleure gestion de la Guinée-Bissau, dont les ressources minières et pétrolières, non encore exploitées, sont convoitées par plusieurs pays comme la Chine, l'Angola et le Venezuela.

Il a aussi affirmé vouloir poursuivre "un dialogue permanent" avec l'armée, les militaires jouant un grand rôle dans l'instabilité de la Guinée-Bissau.

aye-mrb/cs/de

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