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Nigeria: le président annule sa visite à Chibok, la ville où les lycéennes ont été enlevées

16/05/2014 06:19 EDT | Actualisé 16/07/2014 05:12 EDT

Le président nigérian Goodluck Jonathan a annulé sa première visite prévue à Chibok, la ville où plus de 200 lycéennes ont été enlevées par les islamistes de Boko Haram il y a un mois, a annoncé son cabinet vendredi.

"Le président a annulé sa visite à Chibok. C'était à son agenda jusqu'à ce matin", a déclaré un responsable de la présidence à l'AFP, sans donner de raison.

"Il quittera Abuja (vendredi) après-midi pour la France", où il est attendu samedi à un sommet international convoqué à l'initiative de Paris pour dessiner une stratégie de lutte globale contre Boko Haram, a-t-il ajouté.

Cette visite surprise dans la petite ville de l'Etat de Borno, dans le nord-est du pays, où 276 jeunes filles ont été enlevées dans le dortoir de leur lycée le 14 avril, avait été annoncée jeudi soir.

Il s'agissait du premier geste politique fort du président Jonathan, critiqué pour son inaction tant dans son pays par l'opposition, la société civile et les familles des victimes, que sur la scène internationale, notamment aux Etats-Unis.

Au total, 223 adolescentes sont toujours portées disparues, et dans une vidéo publiée cette semaine, Abubakar Shekau a affirmé en avoir converti quelque 130 à l'islam.

Debo Adeniran, de la Coaltion contre les dirigeants corrompus, une ONG basée à Lagos, s'est dit "choqué et déçu" de l'annulation de la visite du président à Chibok et a estimé que cela envoyait un message négatif à la population nigériane.

"Si en tant que Commandant en chef des forces armées, il a peur de se rendre à Chibok, pour des raisons de sécurité, il dit tout simplement aux gens du Nord-Est qu'il ne peut pas les protéger", a-t-il déclaré à l'AFP.

Pour M. Adeniran, l'annulation de cette visite va aussi avoir un effet désastreux sur le moral des troupes postées dans le Nord-Est.

"Il dit aux soldats qui combattent des militants de Boko Haram dans la région qu'ils sont tout seuls", ajoute-t-il.

Et "pour les jeunes filles enlevées, elles peuvent maintenant se rendre compte que celui qu'elles appellent leur président est un cas social, un poltron qui n'a pas la morale d'un leader. Tout le monde est déçu", a déclaré M. Adeniran, pour qui le président doit démissioner.

bur-phz/cdc/aub

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